3 Péninsule d’Osa

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vendredi 20 février au dimanche 8 mars 2015

Mamita Yunai (Spanish Edition)

5,99
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as of 18 février 2020 22 h 12 min

Features

AuthorCarlos Luis Fallas
BindingFormat Kindle
EISBN9789968684057
FormatEbook Kindle
LabelEditorial Costa Rica
LanguagesName: Espagnol; Type: Langue de publication
ManufacturerEditorial Costa Rica
Number Of Pages240
Product GroupeBooks
Product Type NameABIS_EBOOKS
Publication Date2013-01-31
PublisherEditorial Costa Rica
Release Date2013-01-31
StudioEditorial Costa Rica
TitleMamita Yunai (Spanish Edition)
Après une heure trente de vol Fontarrabie-Madrid, trois heures d’attente à Barajas et de nouveau dix heures et demie de vol Madrid-San José au cours duquel nous essayons de dormir un peu, nous arrivons à l’aéroport d’Alajuela à trois heures de l’après-midi, heure locale (il est dix heures du soir chez nous). La température est douce, une brise légère promène des nuages plutôt clairs, mais une grosse barre sombre chapeaute le volcan Poás à quelques lieues de là. Curieusement, la disposition du relief et la vue des maisons bigarrées nous ont donné l’impression, à Jean-Louis et moi, d’atterrir à La Laguna, l’aéroport au nord de l’île de Tenerife, dans l’archipel des Canaries (Espagne). Toutefois l’environnement d’Alajuela a moins de charme, les bâtiments sont moins soignés, le paysage plus désolé. Nous trouvons sans problème un taxi qui nous emmène tous les sept, bagages compris, avec une passagère supplémentaire imposée par le chauffeur (parce qu’elle est mignonne !), dans la capitale de San José. En réalité, les deux villes se jouxtent, et nous roulons au milieu d’une circulation dense de véhicules polluants et bruyants. La végétation est sèche (Dimitri nous dit qu’elle était plus verte en octobre). Les arbres ressemblent à ceux de Tenerife (en réalité, c’est l’inverse, une bonne part de la végétation des Canaries a dû être importée d’Amérique). Nous profitons de cette fin d’après-midi et de la journée suivante passée à San José pour observer les oiseaux dans les parcs et les jardins, visiter le musée de l’or précolombien que j’ai évoqué plus haut, ainsi que la principale librairie de la capitale.

Les vendeuses me paraissant peu aptes à me conseiller, j’interroge un client qui cherche près de moi, au rayon littérature, un livre à offrir à un proche. Très affable, il sait me diriger vers les bons écrivains à l’oeuvre déjà reconnue dans le pays, comme Carlos Luis Fallas Sibaja (1909-1966) dont la biographie romancée, Mamita Yunai, traduite dans de nombreuses langues, y compris le français, m’a véritablement enthousiasmée. Non seulement ce livre m’a apporté des informations précieuses sur l’histoire du pays, mais j’en ai également apprécié le style, car l’auteur s’exprime dans une langue vivante, avec maintes transcriptions presque directes de la langue parlée (je l’ai lu en espagnol), des dialogues incisifs qui semblent avoir été gravés intégralement dans sa mémoire comme dans de la cire et des descriptions tour à tour lyriques, comiques ou dramatiques. A l’âge de 16 ans (en 1925), Fallas part travailler pour la United Fruit Company sur la côte atlantique, où il participe à la construction de la voie ferrée. Il décrit avec un grand réalisme les conditions de travail épouvantables, le tracé percé à la dynamite à travers la montagne et la forêt vierge, alors que règne un climat excessivement humide ponctué de pluies diluviennes. Les ouvriers, dans un isolement et dénuement total, tremblent de froid (il pleut très souvent sur la côte atlantique) ou de fièvre causée par le paludisme (les moustiques pullulent en raison des perturbations écologiques engendrées par la déforestation). – Photos : Mamita Yunai, livre de Carlos Luis Fallas – Régime de bananes –

Il évoque aussi la première grève de 1934 dont l’objectif modeste est d’obtenir de la part des patrons américains (et des quelques propriétaires costaricains) un traitement plus humain, des soins médicaux et un véritable salaire (les ouvriers étaient payés en bons qu’ils ne pouvaient dépenser que dans la boutique de la Compagnie où le moindre produit de base était vendu à un prix exorbitant). Il décrit enfin son action militante ultérieure pour lutter contre la fraude électorale et réussir à faire obtenir plus de voix au parti d’opposition, à une époque où le communisme est très mal perçu par la majeure partie de la population dont la seule information provient d’une presse tendancieuse financée par les gens au pouvoir et les Américains. Je lis aussi “Puerto Limón”, de Joaquín Gutiérrez Mangel, qui, étonnamment, parle de cette même grève, mais en se plaçant du côté des employeurs. Le personnage principal est le neveu d’un propriétaire-exploitant costaricain qui partage sa vie entre Puerto Limón, où réside son épouse et sa fille, et ses bananeraies dans l’intérieur du pays, au-delà de Siquirres. Je trouve le ton beaucoup plus frivole, l’auteur plus attaché à travailler ses figures de style que le fond, n’ayant manifestement pas vécu lui-même les événements qu’il décrit, mais j’ai malgré tout été intéressée par la mentalité des protagonistes qu’il sonde. La comparaison avec le précédent livre est riche d’enseignement, elle met en relief l’abîme d’incompréhension entre le monde patronal et ouvrier, ainsi que l’absence presque totale de considération et de commisération à l’égard d’une main d’oeuvre proche de l’état de servage ou d’esclavage. N’en attendant rien puisque le sujet est une pure fiction, j’ai bien plus aimé “La hoja de aire” (la feuille d’air), du même auteur, très joliment écrit sous la forme d’un conte poétique. – Photos : Puerto Limón, livre de Joaquín Gutiérrez – Tyran quiquivi(C’est un oiseau bruyant et peu discret. Il est très actif quand il chante. Il est omnivore (insectes, poisson, grenouilles, petits lézards, poussins, souris et petits fruits). Il peut capturer des poissons à la façon d’un martin pêcheur, perché au-dessus de l’eau et plongeant pour attraper sa proie, mais il doit faire sécher ses plumes après quelques plongeons. Il capture aussi des insectes en vol. Pour les tuer, il les porte sur une branche et les frappe contre le bois avant de les avaler. En hiver, il mange des graines sur le sol.) – Ci-dessous : “Jésus nous voit”, Publicité catholico-environnementale sur un bus de la capitale (j’ai vu une autre affiche “Te acompaño – Radio Maria”, “je t’accompagne” qui montre la prégnance du catholicisme dans ce pays) –

L’accroissement rapide de la production bananière dans les années 1980 et 90, bien après tous ces événements de début de siècle relatés dans Mamita Yunai et Puerto Limón, entraîne de nouveau une importante vague de déforestation. Au Costa Rica, la multiplication par deux en dix ans de la surface des plantations se fait en grande partie au détriment de la forêt tropicale primaire et secondaire. Les années 2000 voient au contraire le remplacement sur la côte Pacifique des bananeraies par les palmiers à huile, tandis que les plantations d’ananas se font au détriment de la forêt. En 2005, les bananeraies couvrent 41 180 hectares. En 2004, les exportations de bananes représentent seulement 2,96% du Produit intérieur brut (PIB) costaricain, mais la production génère 40 000 emplois directs et 60 000 emplois indirects, soit 5,7% de la population active nationale, mais 23% des emplois de la région de culture (sur le versant atlantique). Les bananeraies y sont quasiment, en dehors de quelques zones touristiques, l’unique activité économique. Elles s’étendent au milieu de la forêt tropicale sempervirente et loin de toute concentration humaine importante, hormis la ville de Limón. Dans un contexte de prédominance originelle du capital étranger s’est organisé un réseau de très grandes plantations appartenant aux multinationales américaines du secteur, Chiquita™, Dole™ et Del Monte™. Celles-ci sont fortement intégrées verticalement et contrôlent la chaîne depuis la production jusqu’au mûrissage avant la vente aux détaillants. Ces “Trois soeurs” bénéficient de ce fait des productions les plus compétitives et peuvent inonder les marchés mondiaux. – Photos : Structure métallique pour convoyer les régimes vers la route – Panneau publicitaire pour la bière Imperial (Dominical, ville près de l’Hacienda Baru) –

Petite anecdote, à propos de la bière locale Imperial : En 1867, le britannique James Hasland et l’allemand Arthur Kopper fondent une brasserie à Cartago. L’année suivante, le Président du Costa Rica, José María Castro Madriz, fait appel à Carlos Johanning pour la construction d’une brasserie à San José. Cervecería y Refresquería Traube (brasserie et débit de boissons fraîches Traube) est fondé par José Traube dans les années 1880 à Cartago. En 1888 il importe d’Allemagne le premier équipement industriel de brasserie, avec lequel il fabrique les marques Pájaro Azul, Selecta et Traube Pilsen; cette dernière continue à être commercialisée de nos jours sous le nom de Pilsen. Le 16 septembre 1908, les trois frères Lindo Morales venus de Jamaïque s’installent à Siquirres, dans la Province de Limón, où ils fondent une société située dans la ferme La Florida, siège jusque là d’un important producteur de produits agricoles et de glace pour la réfrigération des bananes durant leur transport en bateau depuis le port de Limón. Ils appellent cette société Florida Ice & Farm Co. (FIFCO), en anglais qui est leur langue maternelle et celle le plus couramment pratiquée à l’époque sur le versant caribéen du Costa Rica. En 1912 la FIFCO acquiert Cervecería y Refresquería Traube avec laquelle elle commence à brasser ses propres bières. En 1914 une famille immigrée d’Espagne, comprenant Manuel Ortega et ses fils, Antonio, Eloy et Manuel, est propriétaire d’une usine d’embouteillage de boissons utilisant les eaux minérales de source de Salitral (Santa Ana, San José). Ortega décide de commencer à brasser en 1924 les bières Imperial et Bavaria en utilisant cette eau de source, selon le procédé Lager, au cours duquel elles fermentent et sont conditionnées à basse température. – Photo : Jocelyne et Anna-Maria goûtent à la bière locale à San José –

L’Imperial est le fruit d’un dosage très précis de houblon et de malt qui lui donne un goût très doux et la rend populaire, notamment auprès de la population féminine. Au départ bière de tradition typiquement allemande, elle est peu à peu adaptée au goût de la population locale. Afin d’adoucir les arômes du houblon, on y ajoute du blé et du riz en petite quantité. Son logo représente un aigle noir, ailes déployés, avec une houppette au sommet du crâne. Il tient dans ses pattes un bandeau où sont inscrites les initiales M et R, et sur sa poitrine, un encart présentant un logo sur fond jaune marqué CR qui rappelle l’appartenance de la bière au Costa Rica. Dans le médaillon extérieur, la mention « Cervecería Costa Rica » apparaît en partie inférieure, et deux lianes d’orge s’entrelacent au sommet (orge dont on tire le malt).  A noter que le logo est si célèbre qu’il suffit de commander une « aguila » (aigle) pour que l’on sache immédiatement qu’il s’agit d’une bière Imperial. Il a été conçu par Enrique Hangen qui possédait à l’époque l’agence de publicité “Casa Gráfica”. L’aigle fait référence à l’aigle impérial utilisé dans l’héraldique européenne. En 1957 la FIFCO acquiert la brasserie Ortega et continue jusqu’à présent à produire ces marques (Imperial est la plus populaire aujourd’hui). La nécessité d’augmenter la production et de l’effectuer en dehors de l’enceinte urbaine de San José fait que la FIFCO construit une nouvelle brasserie à Echeverría de Heredia. Cette usine est inaugurée en 1966 et baptisée Cervecería de Costa Rica (Brasserie du C.R.). Cette même année, un groupe d’immigrants cubains qui projette de produire la bière Tropical, fameuse à Cuba en d’autres temps, s’associe à des investisseurs costaricains et d’autres latitudes pour fonder la Cervecería Tropical (Brasserie T.). La bière Tropical sort sur le marché du Costa Rica en août 1970. Après de nombreuses années d’intense concurrence, la FIFCO acquiert en 1977 une participation majoritaire dans le capital de Cervecería Tropical. En 1988 elle finit d’acquérir le reste et les deux sociétés n’en forment plus qu’une seule, la Cervecería Costa Rica (brasserie Costa Rica) qui se dédie principalement à la vente de boissons. – Photos : Martin-pêcheur à ventre roux observé de loin près du lac Arenal – “Si vous aimez la nature, laissez-là à sa place (Campagne contre l’extraction des ressources naturelles) : Affiche vue au Cerro Lodge, près du parc Carara – Ci-dessous : Régimes de bananes enfermés dans des sacs en plastique imprégnés à l’intérieur de produits insecticides près de Gavilan Lodge sur le versant caribéen –

Liste des 21 oiseaux observés sur San José : Urubu noir (vautour), Pigeon biset, Pigeon à bec rouge, Tourterelle à ailes blanches, Pic de Hoffmann, Conure de Finsch, Tyran quiquivi, Tyran sociable, Tyran mélancolique, Viréo à gorge jaune, Troglodyte familier, Troglodyte modeste, Merle fauve, Tangara évêque, Tangara des palmiers, Saltator gris, Bruant chingolo, Piranga vermillon, Quiscale à longue queue, Oriole de Baltimore, Cassique de Montezuma (Liste totale du séjour en fin de page 10).

Si les préoccupations sur les conséquences environnementales des activités humaines datent des années 1970, ce n’est qu’au cours des dix à quinze dernières années que la recherche sur le sujet commence à prendre de l’importance. Comment la protection des forêts costaricaines a-t-elle pris naissance ? Sur le site Internet de la station biologique La Selva, OET (Organización para Estudios Tropicales) ou OTS (Organization for Tropical Studies), je trouve un courrier daté de 1957, émanant de l’université du Michigan (USA) qui cherche à créer un centre d’études tropicales au sud du Mexique (Chiapas), puisque les Etats-Unis ont leur territoire qui s’étend entre 18° et 71° de latitude Nord, soit majoritairement en zone tempérée, et ne disposent pas de lieu adéquat pour la recherche. Des centres existent déjà à Turrialba (Costa Rica), au Venezuela, au Panama, au Salvador, au Honduras, mais ils ne conviennent pas car ils sont trop difficiles d’accès pour des étudiants américains et sans commodités. Par ailleurs, sur le site Internet du parc national Cabo Blanco, situé à l’extrémité de la péninsule de Nicoya sur la côte Pacifique, je lis qu’au début des années 1960, le suédois Nicolas Olaf-Olle Wessberg s’installe avec son épouse danoise dans une ferme près de Montezuma. Il se rend souvent dans le dernier petit vestige de forêt primaire de Cabo Blanco pour y collecter des graines pour son verger. Impressionné par l’abondante vie sauvage, les dimensions énormes et la diversité des arbres, il décide de préserver cet espace dont il acquiert 1250 hectares avec l’aide d’organisations étrangères de conservation. En 1963, il obtient après bien des tractations le statut de Réserve naturelle intégrale, la première du Costa Rica. – En comparaison, la première des Etats-Unis est le Parc national de Yellowstone fondé en 1872 et le plus ancien parc national français est celui de la Vanoise, fondé en 1963 -. – Photos : Lune, 23 février – Héliconias (30 espèces au Costa Rica) – Broméliacée* (plante épiphyte, accrochée à l’arbre sans le parasiter) –

(*) Dans les forêts néotropicales, une fraction importante de l’eau douce disponible est stockée dans les feuilles en rosettes des broméliacées à réservoir (Bromeliaceae). Les broméliacées sont des plantes à fleurs représentées par environ 3140 espèces. Leurs rosettes forment des puits qui recueillent l’eau de pluie et les feuilles mortes, et fournissent un habitat pour des organismes aquatiques allant des procaryotes aux invertébrés. Les détritus constituent une source de nutriments pour la chaîne alimentaire aquatique, ainsi que pour la plante elle-même. Les broméliacées assimilent les nutriments issus du microcosme aquatique via les trichomes de leurs feuilles spécialisées. La litière est réduite en petites particules par les invertébrés déchiqueteurs, puis cette matière organique et les matières fécales s’accumulent à la base des feuilles. La matière organique particulaire transite dans l’intestin des invertébrés collecteurs et filtreurs, et est également utilisée par les bactéries et autres micro-organismes.

Sur le site Internet de La Selva, un rapport de 1964 montre que les universitaires américains regardent d’un meilleur oeil le Costa Rica qui a sans doute amélioré ses voies de communication et ses structures d’accueil dans l’intervalle. La Duke University (Caroline du Nord), membre de l’Organization for Tropical Studies (OTS, Michigan Committee), y finance deux projets d’étude à long terme : l’étude de la séquence et de la nature des changements du sol et de la végétation suite aux récents dépôts de cendre engendrés par l’éruption du volcan Irazú et en second lieu l’inventaire biotique et l’analyse de l’écologie et énergétique de la forêt tropicale humide de la péninsule Osa. Elle signale dans son rapport le manque de salles de classe et d’espaces de laboratoire à l’université du Costa Rica, les stations de terrain qui ne sont pas encore construites sur 4 des 5 sites sélectionnés et le manque de financement pour les étudiants. Elle montre toutefois son optimisme car l’OTS comprend un groupe de biologistes et d’autres scientifiques des universités fondatrices et d’autres institutions, elle dispose de l’appui de neuf universités nord-américaines parmi les plus notables et bénéficie de l’hospitalité et de la coopération de l’université du Costa Rica, de l’attitude favorable du gouvernement de ce pays envers cette entreprise, de l’intérêt et du support de la Fondation nationale des sciences, et enfin des opportunités exceptionnelles d’études tropicales permises par les environnements variés et relativement accessibles du Costa Rica. Se développe alors dans ce pays un système extensif de parcs nationaux qui conduira au succès actuel de l’écotourisme. Toutefois, cette évolution ne se produira pas sans heurt. En 1975, Nicolas Olaf-Olle Wessberg est assassiné sur la Péninsule d’Osa où il s’était rendu pour soutenir la création du Parc national Corcovado. Son épouse et bien d’autres poursuivent néanmoins les projets de conservation. Deux réserves naturelles sur la Péninsule Nicoya prennent l’appellation de “Réserve naturelle Karen Mogensen” (du nom de l’épouse) et “Réserve intégrale Nicolas Wessberg”. Dès les années 1990, ce pays devient une destination privilégiée d’écotourisme. Environ 27% de la superficie du pays est protégée et les parcs nationaux couvrent plus de 13% du territoire costaricien. Son succès éveille la jalousie du Panama, où plus de 35 % du territoire est protégé sous le statut de parc national ou de réserve naturelle. De même, le Guatemala possède plus de 30 secteurs protégés y compris des parcs nationaux et des réserves biologiques– Photos : Termitière en hauteur, confectionnée à l’intersection des branches d’un arbre – Iguane prenant un bain de soleil sur les hautes branches d’un arbre – Fragment d’aile de Morpho (papillon), impossible à photographier malgré sa grande taille car il se déplace sans arrêt très vite et, si par hasard il fait halte un instant, il ferme aussitôt ses ailes, cachant ce bleu magique et ne montrant que les couleurs cryptiques de l’envers – Ci-dessous : El Ceibo (Ceiba pentandra), fromager ou kapokier – Hauteur 40 m – Age approximatif 400 ans –

L’Etat, à travers l’Institut Costaricien du Tourisme (ICT), fait du tourisme un secteur économique prioritaire et accentue ses efforts de promotion. Ceux-ci sont désormais clairement centrés sur le thème de la nature. Ils jouent dans un premier temps sur le bien-être au contact de cet environnement : l’ICT emploie à partir de 1987 le concept mal défini de « softnature » et accentue parallèlement ses efforts auprès du troisième âge nord-américain, vantant les mérites des eaux thermales et les possibilités de se refaire une santé au Costa Rica, y compris à travers des séjours en clinique spécialisée. Le tourisme de croisière est également encouragé, un nouveau terminal destiné à recevoir les bateaux est d’ailleurs inauguré à Puerto Caldera (près de Puntarenas, côte Pacifique) en 1988. Comprenant l’engouement croissant au niveau mondial pour le tourisme durable, le Costa Rica affirme haut et fort à partir de 1991 son attachement à la préservation des ressources naturelles et à un tourisme responsable, aux impacts environnementaux limités. En 1992 est créé au sein de l’ICT un bureau des ressources naturelles chargé de la gestion rationnelle des aires protégées en fonction des études d’impact sur l’environnement et de capacité de charge qui seraient réalisées par les Universités du pays, en particulier l’Université de Costa Rica. Leur « plan stratégique pour le développement touristique durable 1993-1998 » reçoit l’appui de la communauté européenne. Le pays est cité comme modèle lors des colloques et congrès internationaux. Sa participation au programme mondial de Certification pour le Tourisme Durable dès 1996 consolide son prestige. La même année, il lance une campagne publicitaire fort habile, jouant sur l’authenticité et intitulée « no artificial ingredients », qui est reconnue comme l’une des meilleures au monde. Elle se poursuit encore en 2001 avec une douzaine d’affiches très bien conçues vantant la beauté de la nature, le côté unique des expériences à réaliser, le confort, la qualité de l’accueil. Les composantes ancestrales de l’image du pays n’en sont pas oubliées pour autant : « la nature » dans « un pays pacifique et démocratique, sans armée » où  les « ticos » (ses habitants) sont amicaux. A ce propos, je me remémore les immenses photos d’animaux multicolores sur fond de paysages idylliques qui ornent les murs des couloirs intérieurs de l’aéroport alors que nous déambulons de l’avion vers la sortie en passant par les divers sas de contrôle. Le message est clair : nous arrivons dans un paradis de la nature sauvage – mais accueillante -. – Photos : Pénélope panachée (23 février, La Selva) – Publicités pour conforter l’image “verte” du Costa Rica – Ci-dessous : “Adventure starts here!” (l’aventure débute ici), minibus pour emmener les touristes de leur hôtel au Selvatura Park de Monteverde (ponts suspendus, parcours en tyroliennes au-dessus de la canopée allant d’une plateforme à une autre, etc.) –

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