Inde et Chine – 6

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Inde : Richard, Michelle, Elisabeth, Jacques, Annie, Cathy, Jean-Louis et Sylvain – Chine : Cathy, Jean-Louis, Sylvain avec Françoise et Pierre M. sur le continent et Olivier et Xin à Hong Kong
 

Vol Biarritz-Paris-Delhi le 18 octobre – Vol Delhi-Shanghai le 1er novembre et Nankin-Hong Kong le 11 novembre – Retour en France le 14 novembre

Je reviens à l’Inde, où nous avons visité de magnifiques temples, palais, mausolées, mais les expériences les plus sympathiques et originales ont été sans conteste celles des visites de villages, où j’ai malheureusement pris peu de photos, car je répugne toujours à prendre les gens de près, de peur de les gêner ou de les mettre en colère. Le deuxième détour que nous avons fait sur cette route qui n’en finissait pas, d’Agra à Orchha, après la visite du fort de Gwalior, a eu pour destination la petite ville de Datia. Nous sommes arrivés en pleines festivités de Diwali, la voie principale du village était bondée de monde, tous les commerçants assaillis, une ambiance très colorée et vivante. Dominant les maisonnettes soignées au seuil rouge de pisé ou de brique souligné de bandes blanches et orné des incontournables peintures de Diwali, le château surplombait les deux jolis lacs que nous avions rapidement aperçus depuis la route en arrivant. Enfin, jolis de loin, car en zoomant j’ai remarqué les ordures qui s’entassaient sur la rive et dans l’eau peu profonde. Sur le site de la ville et du district éponyme est évoqué justement l’approvisionnement en eau. Certes, quatre affluents faisant partie du bassin versant du Gange (Sind, Pahuj, Mahuar, Betwa) irriguent les terres. Toutefois, ils ont un débit soumis aux variations saisonnières qui s’accentue seulement lors des fortes pluies de la saison humide en juillet-août. Durant la saison sèche, on ne voit plus que quelques filets d’eau serpenter au milieu des lits à sec. Un réservoir a donc été construit pour collecter l’eau des collines alentour en élevant un barrage de terre sur un côté. Il fournit l’eau potable de la ville de Datia, et le surplus est utilisé pour l’irrigation et l’élevage de poisson (carpe indienne). L’une des causes du mauvais état des routes, de l’insuffisant enlèvement des ordures et de l’insalubrité de l’eau est attribuée au faible taux d’imposition de la population indienne. Alors que la classe moyenne compte entre 150 et 250 millions de personnes sur un total de plus d’un milliard d’habitants, seuls 35 millions d’Indiens payent par exemple l’impôt sur le revenu. De ce fait, l’économie indienne qui croît en moyenne de 6 à 7 % par an présente un déficit budgétaire cumulé (Etat central et Etats fédérés) qui dépasse les 10 % du produit intérieur brut (PIB). La TVA, en augmentant les taux d’imposition dans certains Etats et surtout en limitant les fraudes fiscales, devrait assurer davantage de recettes pour les gouvernements régionaux. L’Etat central espère ainsi ne plus avoir à venir à leur secours, ce qui a pour effet de plomber son budget quasiment tous les ans, réduisant d’autant les investissements publics dans des domaines cruciaux comme la santé, l’éducation, ou les infrastructures. New Delhi compte ainsi pouvoir financer son programme de lutte contre la pauvreté, sur lequel s’était d’ailleurs fait élire le Congrès l’an dernier. – Photos : Singes macaque rhésus à Agra – Le Birsingh Deo Palace à Datia – Datia, seuil de maison décoré pour Diwali dans la rue qui monte au palais –

En cette fin d’après-midi, des centaines d’oiseaux tournoient dans le ciel, les insectivores au-dessous des rapaces. Vu de près, le Birsingh Deo Palace paraît un peu délabré, tout est sombre, le portail fermé, la grille cadenassée. Mais parmi les quelques hommes qui vaquent aux environs, l’un d’eux se précipite, se fait fort de nous ouvrir et de nous faire faire une visite privée en s’improvisant notre guide. Il faut se dépêcher pour terminer avant 18h, et nous nous hâtons, escaladant les premières grandes marches. Le but, c’est surtout de parvenir au plus haut pour profiter de la vue sur le paysage au soleil couchant. Bien sûr, il n’y a pas d’électricité dans ces dédales de pièces, patios, escaliers, et il ne faut pas s’imaginer qu’on y trouvera les normes de sécurité draconniennes de chez nous : il y a des rambardes à moitié démolies, des marches qui se sont écroulées, des gravats, et surtout l’obscurité complète dans les couloirs et montées peu ergonomiques où il faut faire des pas de géant(e)s. Nous nous pressons derrière le guide qui se retourne de temps à autre pour éclairer de sa lampe de poche le sol pour les retardataires. En redescendant plus pausément, je me dis que finalement ce n’est pas si mal de ne pas y voir, parce que sinon, nous serions effrayés. Mais bon, c’est le folklore, et le château a de beaux restes ! Construit en 1614 par le raja bundela, Bîr Singh Déo de Datia, son architecture mêle les styles rajput et moghol. On n’y trouve que pierre et brique, il n’y a pas trace de bois ou de fer (si ce n’est pour les portes, peu nombreuses). Il fut érigé pour recevoir Jahângîr (Possesseur du monde en persan), de son vrai nom Salîm, Nûr ud-Din Muhammad, mais jamais l’empereur n’y séjourna, craignant (écrivent les auteurs du site de la ville) de devoir verser une bonne récompense au roi de Datia pour l’aide apportée à son accession au trône moghol. – Pour la petite histoire, je précise que Salîm, le futur Jahângîr, se révolta deux fois contre Akbar, son père, en 1591 et en 1601, impatient, comme tous les princes moghols, de monter sur le trône. En 1602, Salîm alla même jusqu’à se proclamer roi à Allâhâbâd et à frapper monnaie. Il fit aussi assassiner le secrétaire personnel de son père, Abul al-Fazl ibn Mubarak, par le rajâ Bîr Singh Déo d’Orchhâ (et de Datia) qui prit parti pour lui et qui en fut récompensé lors de l’accession au trône de Salîm en 1605 par son appui pour conserver sa position de souverain dans la région. Salîm se réconcilia cependant à chaque fois avec son père, lui offrant même 770 éléphants pour obtenir son pardon. – Photos : Le lac de Datia – Sommet du palais Birsingh Deo de Datia au soleil couchant – Plafond décoré du palais –

Datia est une ville ancienne, mentionnée dans le mahabharata sous l’appellation Daityavakra. Au recensement de 2011, Datia comptait une population de 100 466 habitants, dont 53% masculins et 47% féminins. Cette répartition m’étonne un peu. En France, il y a plus de femmes que d’hommes (34 millions pour 32 millions), mais si l’on affine par âge, on s’aperçoit qu’il y a légèrement plus de garçons que de filles jusqu’à 20 ans (8,3 millions pour 8 millions), que les femmes sont légèrement plus nombreuses dans la tranche d’âge de 20 à 64 ans (19,2 contre 18,6 millions), mais qu’elles prennent largement le dessus après 65 ans (7 millions contre 5 millions d’hommes). La différence par rapport à la France tient, je suppose, dans le fait que 15% de la population a moins de six ans, que les gens vivent moins longtemps et qu’il doit y avoir une plus grande mortalité féminine. Datia a un taux d’alphabétisation* moyen de 68%, supérieur à la moyenne nationale de 59,5%, il est de 75% pour les hommes et 60% pour les femmes. C’est un centre du commerce de grains pour l’alimentation et d’articles en coton, un important centre de tissage sur métiers à tisser manuels et aussi un but de pèlerinage avec de nombreux temples. A ce propos, en cherchant des informations sur Internet, j’ai pris connaissance d’un fait divers à l’échelle de l’Inde. Au moins 64 personnes, dont quelques femmes et enfants, sont mortes dimanche 11 janvier dernier sur un pont menant au temple du village de Ratangarh, dans le district de Datia. Plus de cent personnes ont été hospitalisées pour cause de blessures, y compris des os brisés. Le chaos éclata lorsque la rumeur se répandit que le pont allait s’écrouler dans la rivière Sindh et les policiers ont chargé la foule avec des matraques pour tenter de juguler la panique. Des gens ont réagi en leur jetant des pierres et l’un des policiers a été gravement blessé. On n’a pas pu savoir immédiatement combien de personnes se trouvaient sur le pont lorsque la ruée a démarré. Les médias locaux évaluent à 500 000 le nombre de pèlerins qui se sont rendus à ce temple pour honorer Durga, la déesse mère hindoue, le dernier des dix jours du festival Navaratra. L’Etat a ordonné une enquête judiciaire sur l’incident. – Photos : Palais Birsingh Deo de Datia – Enfilade d’ouvertures – Ci-dessous : Décorations murales du palais –

(*) L’écriture indienne. Au troisième siècle avant notre ère apparaît le brahmi, un script alphasyllabaire, c’est-à-dire composé uniquement de consonnes (24 à l’origine), la voyelle “a” étant implicite et remplaçable par d’autres à l’aide de signes diacritiques. La première trace du brahmi correspond au règne d’Ashoka (269-232 av. J.-C.), l’un des empereurs les plus puissants de l’histoire de l’Inde, qui, après une bataille sanglante, décida de se convertir au bouddhisme. Afin de faire connaître sa nouvelle philosophie à travers son gigantesque royaume, le conquérant repenti fit graver ses célèbres “décrets” aux quatre coins de son empire, sur des piliers de pierre, des grottes ou des parois rocheuses : renoncer à la violence et à la guerre, abattre les prisons, respecter les parents, les ascètes et les brahmanes, se montrer bienveillant avec les domestiques et les esclaves, éviter de manger la chair des animaux, respecter les hommes et – tout de même – sa propre personne. La découverte récente, au Sri Lanka, de plusieurs inscriptions apparemment antérieures aux édits d’Ashoka, laisse penser que le brahmi pourrait avoir des origines proto-dravidiennes, une famille de langues parlées dans le sud de l’Inde. Ainsi, aujourd’hui, les calligraphies des 24 langues officielles recensées en Inde sont toutes filles du brahmi, et toutes alphasyllabaires. A commencer par le dévanagari, notamment utilisé pour rédiger le sanscrit et l’hindi (la langue la plus parlée de l’Inde), qui est né au VIIe siècle et reste inchangé depuis le XIIe. Même filiation directe pour le tamoul, l’oriya, le kannada, le konkani, le marathi, le gujarati, le bengali, l’assamais ou le manipuri. Pourtant très différentes à l’oral, toutes ces langues régionales ont la même origine multimillénaire au niveau de l’écrit. Une unité rare dans un pays qui, sorti de la religion, a toujours été une mosaïque de peuples et de cultures… Porté par les marins et les commerçants, le brahmi est également l’ancêtre d’un grand nombre d’écritures d’Asie du Sud-Est (birmane, cinghalaise, laotienne, khmer, thaïe, javanaise, balinaise…), des régions himalayennes et de l’Asie centrale (népalaise, tibétaine, khotanaise…) – même s’il a subi des modifications conséquentes pour s’adapter aux différents systèmes phonologiques. Plus à l’est, le hangul (alphabet coréen) est aussi reconnu comme un descendant, et même le japonais aurait été influencé par l’écriture indienne. Avec plus d’une quarantaine d’héritiers toujours utilisés, le brahmi est donc, d’une certaine manière, le grec de l’Asie.  – Photos : Ecriture brahmi sur le mur d’un temple de la colline de Sanchi (Etat de Madhya Pradesh). – Alphabet Brahmi : cette écriture s’est diversifiée en de nombreuses formes régionales. Elle a principalement donné naissance à l’écriture devanagari qui transcrit le sanscrit et l’hindi. –

Un autre excellent souvenir de ce second séjour en Inde, c’est notre rencontre avec les enfants de la campagne près de Khajurâho. Cette cité se trouve à l’emplacement d’une ancienne capitale du royaume Jijhotî dont parle dans son carnet de voyage le pèlerin chinois Xuanzang (c.602 – 664), moine bouddhiste chinois qui fut l’un des quatre plus grands traducteurs des soutras bouddhiques de l’histoire de la Chine. De 950 à 1050, la cité fut aussi la capitale religieuse des Chandelâ dont les rajâ firent construire un grand complexe de temples qui en compta jusqu’à 85, mais dont 22 seulement subsistent de nos jours. Ils étaient consacrés aux cultes hindouiste et jaïn. Abandonnés puis envahis par la jungle, on ne les redécouvre qu’en 1840 et des travaux d’une quinzaine d’années, qui se dérouleront au début du XXe siècle, permettront de les dégager. Alors que nous visitons de petits temples secondaires dispersés dans la campagne, nous apercevons au loin une barrière montagneuse qui nous rend nostalgiques d’une marche en pleine nature. Nous essayons de le faire comprendre à notre chauffeur, mais peine perdue ! Dans l’idée de nous faire plaisir, il roule un moment, apparemment au hasard, et s’arrête brusquement dans un village sans caractère, non loin d’un homme qui s’apprête à se laver dehors à la pompe en bordure de chemin. Une partie du groupe part à pied en passant devant lui, mais pendant que je tergiverse avec Jean-Louis et Sylvain, il se dénude et se savonne. Nous changeons donc de direction pour le laisser tranquille et nous nous arrêtons à l’ombre, hors de sa vue, peu inspirés par le lieu. Les autres finissent par faire demi-tour au bout d’un moment et nous retrouvons le chauffeur qui est allé se garer plus loin. Sentant que nous sommes insatisfaits, il poursuit jusqu’au village d’Achnar, nous laissant en bordure de route. C’est un peu bizarre et pas du tout un espace sauvage comme nous en rêvons. Richard, vraiment décidé à marcher, part le long de la route d’un pas vif et nous le suivons. Un villageois qui parle un peu anglais et quelques enfants nous emboîtent le pas. Tout en devisant avec l’homme qui s’avère être un instituteur de l’école de Khajurâho et en échangeant comme nous le pouvons avec les jeunes que notre présence amuse beaucoup, nous empruntons un chemin bordé de haies de verveine fleurie qui traverse les prés et les champs. C’est drôle, chacun d’entre nous est pacifiquement assailli par deux ou trois enfants, les petites filles voulant nous tenir par la main, nous offrir de petites choses, les garçons cherchant à nous taquiner. Ils ont tous très envie de communiquer. J’entame une comptine aussitôt suivie par quelques petites voix qui imitent mes mots (un, deux, trois, nous irons au bois…). Annie, grande, blonde, mince et vive, a un grand succès auprès d’eux, elle joue avec toute une bande, les faisant rire aux éclats. – Photos : Les enfants de la campagne de Khajuraho –

Nous atteignons un hameau (l’un des quatre voisins d’Achnar : Laundi Tehsil, Chhatarpur Tehsil, Panna Tehsil ou Ajaigarh Tehsil) où nous faisons halte sur la place ombragée par un grand arbre poussant près d’une large citerne assez profonde. Je remarque la base du tronc maçonnée et enfermée dans un carcan de briques. J’aurais peur de le tuer en lui ôtant ainsi la possibilité de s’abreuver, respirer et croître librement. Chemin faisant, nous avons attiré une vraie foule d’enfants de tous âges qui paraissent en attente de je ne sais quoi de notre part. Richard a une brusque inspiration : il demande la collaboration de Jacques pour leur faire faire un jeu (un, deux, trois, soleil). Pour en expliquer les règles, il passe par le truchement de l’instituteur et nous demande de mimer le jeu d’abord devant eux pour le leur montrer. Très vite, les plus dynamiques prennent nos places, mais ils n’en ont pas vraiment encore compris le principe. Il y a quelques cafouillages vite corrigés par Richard qui reprend ses explications et mime, jusqu’à ce que les enfants jouent sans aide. Nous sommes bien sous cette ramure généreuse. L’agitation a peu à peu attiré les adultes qui demeurent toutefois en retrait, surveillant l’air de rien les opérations tout en devisant. L’aïeul s’approche, intrigué par le remue-ménage. Nous sommes devenus l’attraction du village. Même un petit veau quitte sa mère, curieux aussi de contempler ces activités humaines inhabituelles ! – Photos : Jeu des chaises musicales – Les villageois viennent nous voir jouer avec les enfants –

Richard décide d’enseigner un second jeu (dans le style des chaises musicales). Regardant autour de lui, il ramasse des pierres qu’il dispose de loin en loin sur la terre battue pour former un grand cercle imaginaire, et en ajoute une au centre. Il réclame autant d’enfants que de pierres et les dispose à côté de chacune d’elles. Il montre le principe avec l’aide de Jacques et la nôtre, expliquant les règles en anglais à l’instituteur qui traduit à mesure, puis le jeu débute. Là aussi, ce n’est pas évident de le leur faire comprendre, mais ils sont si ardents et avides de saisir qu’ils s’y mettent très rapidement, et jouent avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir ! Nous faisons ensuite, toujours avec les enfants, un tour rapide du village, saluant de droite et de gauche. L’argile est la matière première principale pour construire dans cette plaine alluviale. Dans ce village, les maisons sont soignées, les façades peintes, les seuils ornés, les rues en terre impeccablement battue, lissée et nettoyée. Une maison plus cossue arbore une décoration en arcs et niches, à l’imitation des fioritures qui ornent les palais. L’eau du puits et celle du déversoir attenant sont parfaitement propres et pures, contrairement aux spectacles désolants offerts par les grandes villes et les bords de routes principales que nous avons vus jusque là. L’instituteur, peut-être pour nous prouver qu’elle est bien potable, emplit un verre et l’aspire d’un trait. J’admire la facture de cette deuxième citerne qui, à l’instar de la première, est formée de rangées de briques soigneusement maçonnées, un feston circulaire à chaque mètre permettant peut-être de repérer le niveau et l’épuisement progressif de la ressource pendant les mois de sécheresse. Aucun système de poulie ou de pompe n’est installé pour en extraire l’eau. Seul un tronc jeté en travers est muni de cordes. Deux bovins sont attachés à proximité sous un auvent et un bosquet d’arbres, peut-être des bufflonnes, avec un corps massif et sombre et une tête alourdie par une paire de cornes annelées fort imposantes enroulées vers l’arrière. Le pourtour des champs est boisé, et le feuillage à la verdeur estivale change du spectacle de nos arbres roussis à moitié dénudés que nous allons retrouver à notre retour à la mi-novembre. Le climat indien est bien différent du nôtre. Toutefois, à l’heure où je rédige ces lignes, les informations météorologiques de janvier 2015 rapportent qu’un froid inhabituel proche de zéro degré sévit en ces régions où beaucoup de gens ont peu ou pas d’abris, particulièrement dans les grandes villes, ils ne sont équipés que de vêtements légers, et pour ceux qui ont un logement, celui-ci n’a pas d’isolation thermique et encore moins de chauffage. – Photos : Réservoir et grand bac de brique – Bufflonnes (ou vaches ?) – Ci-dessous : Dépiquage –

Deux petits temples protègent le village, le premier, rouge vif, trône sur un piédestal peint en blanc. Le second, d’un blanc immaculé, surmonté d’un petit dôme, veille près de la source. Près d’un troisième, quelques jeunes hommes jouent à un jeu de société. Je m’amuse à suivre les circonvolutions rapides d’un petit oiseau dont le plumage a des reflets métalliques bleus qui tranchent avec le rouge vif des fleurs d’hibiscus. Un quatrième oratoire blanc est dressé au bord du disque circulaire de brique qui entoure le tronc multiple d’un troisième grand arbre. A flanc de colline hors du village, quatre alignements de petites pierres blanches aboutissent à un petit espace cerné de murs blancs qui enferme trois jeunes arbres. Il me semble apercevoir contre le mur du fond un cinquième oratoire. Deux fanions blancs fixés à l’extrémité de longues perches palpitent au-dessus du feuillage. Curieusement, les rochers épars sur la pente alentour sont aussi soulignés de blanc. S’agit-il d’un cimetière ? Je n’ai pas les clés d’interprétation de ce qui se trouve devant nos yeux. Pourquoi tant d’oratoires dans un si petit hameau ? Un bouquet de grands bambous pousse en touffes serrées circonscrites dans un cercle d’un ou deux mètres au plus. Quand je pense qu’au Pays basque il faut passer le temps à les couper pour qu’ils n’envahissent pas les jardins ! Sur le chemin du retour, nous observons les paysans dans les champs. En Inde, c’est un plaisir d’observer la campagne, il y a toujours des gens occupés à l’extérieur, les hommes en tenue occidentale, ici la tête protégée par un turban, les femmes en saris colorés. Je pense qu’ils viennent de moissonner et se tiennent près d’une batteuse pour dépiquer les céréales et en extraire les grains. Sur le seuil d’une maison sèchent des lentilles vertes étalées sur un tapis, ailleurs, elles sont dans un grand panier en vannerie à petits rebords posé sur une terrasse. Comment cela se fait-il que les oiseaux (ou les rongeurs) ne viennent pas y goûter ? – Photos : Oiseau bleu dans les hibiscus – Citerne de village en brique – Ci-dessous : Cimetière ou oratoire entouré de rochers peints en blanc –

 

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