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ūüĆ≤ Premi√®re partie : La for√™t

  1. ūüĆ≤ Premi√®re partie : La for√™t
  2. ūüíß Deuxi√®me partie : L’eau
  3. ūü¶ó Troisi√®me partie : La biodiversit√©
26 min - temps de lecture moyen
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8 au 24 ao√Ľt 2017
Conf√©rence √†¬†Aci Gasconha, centre culturel Tivoli d’Anglet, suite au voyage aux USA effectu√© par Marie-Jeanne, Jean-Bertrand, Jo√ęlle, Jean-Louis et Cathy de la¬†Soci√©t√© d’Astronomie Populaire de la C√īte Basque¬†et des amis californiens de Marie-Jeanne, Candi et Robert.

Voyage au Far West

L’Europe sous le prisme de l’Am√©rique

temple_square

eclipseIntroduction

Le 21 ao√Ľt 2017, une √©clipse (occultation) de soleil √©tait visible aux √Čtats-Unis d’Am√©rique. Elle ne durait que deux minutes et quelques, j’ai donc eu le temps, durant la quinzaine de jours qu’a dur√© notre s√©jour, de parcourir avec mes compagnons de voyage pr√®s de 3000 miles, soit plus de 4000 km en voiture, en visitant au passage quelques parcs naturels. Pourquoi vous en parler aujourd’hui ? J’ai pour habitude de photographier tous les panneaux d’interpr√©tation r√©dig√©s √† l’attention du public pour les lire plus tard, de retour chez moi. Fort instructifs, ceux des trois √Čtats que nous avons parcourus, l’Utah, le Wyoming et l’Idaho, offrent un tableau d√©taill√© de l’impact de la colonisation europ√©enne sur la nature nord-am√©ricaine et les transformations qui en ont r√©sult√©. Pour ma part, j’ai essay√© de faire le travail inverse: au regard de ce qui s‚Äôest produit, que pouvons-nous apprendre sur nous, les Europ√©ens ? Quelles sont les constantes de notre comportement qui apparaissent, comme grossies √† la loupe, √† l‚Äôexamen de nos anciennes colonies nord-am√©ricaines ?¬†– Photo : Progression de l’√©clipse de Soleil observ√©e par projection, sur l’ombre du feuillage d’un peuplier tremble am√©ricain –

Sommaire

Je vais articuler mon enqu√™te autour de trois th√®mes : la for√™t, l’eau, la biodiversit√©, que je vais aborder sous la forme de petites anecdotes.

SOMMAIRE
Introduction
1/ La forêt
foret
1a- L’√©change colombien : Plantes, animaux domestiques… et microbes
1b- Ebenezer Bryce
1c- Civilisations et déforestation en Europe
1d- Colonisation et d√©forestation aux √Čtats-Unis d’Am√©rique
1e- Pourquoi des parcs nationaux ?
2/ L’eau
eau
2a- Colorado River: une ressource en eau inépuisable ?
2b- Une gestion collective ? John Wesley Powell et les Mormons
2c- John Locke: Travail et propriété
2d- Adam Smith: Le dogme libéral
2e- Irrigation, croissance de la population humaine et de son cheptel
2f- Elinor Ostrom: La gouvernance des biens communs
3/ La biodiversité
biodiversite
3a- La culture Fremont
3b- Les Shoshone-Bannock
3c- Le loup et le castor
3d- Bisons et Indiens
3e- Braconnage du bison au Yellowstone
3f- Le bison, la vache et le lapin
3g- Incendies: Peuplier tremble américain, Pin ponderosa
3h- L’herbe et l’armoise
3i- La forêt, capteur de CO2 des énergies fossiles
3j- La génération spontanée, les extrêmophiles
Conclusion

The Columbian Exchange: Biological and Cultural Consequences of 1492, 30th Anniversary Edition

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as of 21 septembre 2021 15 h 08 min

Features

AuthorAlfred W. Crosby Jr.
BindingBroché
EAN9780275980924
EAN ListEAN List Element: 9780275980924
EditionAnniversary edition
FormatEdition spéciale
ISBN0275980928
Item DimensionsHeight: 875; Length: 575; Weight: 85; Width: 71
LabelPraeger Publishers Inc
ManufacturerPraeger Publishers Inc
MPNillustrations, biographies, indexes
Number Of Items1
Number Of Pages320
Package DimensionsHeight: 90; Length: 820; Weight: 85; Width: 550
Package Quantity1
Part Numberillustrations, biographies, indexes
Product GroupBook
Product Type NameABIS_BOOK
Publication Date2003-04-30
PublisherPraeger Publishers Inc
Release Date2003-04-30
StudioPraeger Publishers Inc
TitleThe Columbian Exchange: Biological and Cultural Consequences of 1492, 30th Anniversary Edition

foretLa forêt

L’√©change colombien : Plantes, animaux domestiques… et microbes

En premier lieu, je vais vous parler de la for√™t. Pourquoi les Europ√©ens racont√®rent-ils que l’Am√©rique √©tait un continent quasiment vierge et sauvage ? Les historiens l’expliquent par le fait que, d√®s les premiers contacts et en l‚Äôespace de 100 √† 150 ans, les Am√©rindiens furent d√©cim√©s par des maladies venues d‚ÄôEurope contre lesquelles ils n’avaient aucune d√©fense immunitaire¬†: variole et rougeole, oreillons, coqueluche, grippe, varicelle, typhus, rhume.

Leur disparition √©branla l’√©quilibre √©cologique et √©conomique des deux continents. Les √©cosyst√®mes perturb√©s virent la for√™t regagner du terrain et les animaux autrefois chass√©s augmenter en nombre. Par ailleurs, le manque de main d‚ÄôŇďuvre fut une des causes de l’instauration du trafic triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Am√©riques, les esclaves africains √©tant plus r√©sistants aux maladies dont mouraient les Am√©rindiens. D’Afrique, deux nouvelles maladies furent ainsi introduites vers 1650, la malaria et la fi√®vre jaune.¬†– Photos : Variole, Bangladesh –¬†The Columbian Exchange¬†(Alfred Crosby, 1972, date de la premi√®re √©dition) –

variole

Ayant quitt√© une Europe o√Ļ les for√™ts n’√©taient plus que clairsem√©es, o√Ļ les grands pr√©dateurs tels que le loup, le lynx, l’ours avaient √©t√© pratiquement √©radiqu√©s et les grands herbivores comme les cerfs cantonn√©s dans les montagnes, les colonisateurs avaient d√Ľ avoir l’impression de p√©n√©trer au paradis, dans une nature in√©puisable. Comment imaginer qu’en quelques d√©cennies √† peine ces for√™ts immenses, ces troupeaux innombrables de bisons et de cerfs, ces prairies √† perte de vue, toute cette profusion arriverait √† s’√©puiser ?¬†– Photo ci-dessous : Bison –

bison

mais_courgeL’introduction de nouvelles cultures et d’animaux domestiques contribua presque autant que les maladies √† bouleverser l’√©quilibre biologique, √©conomique et social. Les colons introduisirent des c√©r√©ales europ√©ennes, des plantes m√©diterran√©ennes et des plantes originaires du sud ou du sud-est asiatique. Le lama et l‚Äôalpaca des Andes √©taient les seuls animaux domestiqu√©s (8%). Les 23 autres esp√®ces de mammif√®res* pesant plus de 45 kg √©taient r√©tives √† la domestication. Par contre, parmi les 72 grandes esp√®ces animales eurasiennes, 13 ont pu √™tre domestiqu√©es (18%). Ainsi, alors que les Am√©rindiens cultivaient une grande diversit√© de plantes avant 1492, ils avaient peu d’animaux domestiques, si ce n’est des chiens, des dindes et des cochons d’Inde. L’introduction du cheval r√©volutionna √† partir du 18e-19e si√®cle le comportement des Indiens des Grandes Plaines¬†glyptodonqui d√©laiss√®rent leurs cultures pour se consacrer √† la chasse au bison, devenue beaucoup plus facile. A l’inverse, le reste du monde b√©n√©ficia beaucoup de l’apport de plantes nourrici√®res issues des deux Am√©riques. S’il ne s’√©tait pas produit, l’augmentation de la population aurait certainement √©t√© plus lente. Aujourd’hui, un tiers de la nourriture mondiale est originaire des Am√©riques.¬†– Photo : Ma√Įs, courge –

*¬†Extinction¬†des grands mammif√®res : Lors de leur arriv√©e en Am√©rique du Nord par l’isthme de Bering, il y a 15 000 ans, les premiers humains √† y p√©n√©trer trouv√®rent de grands mammif√®res, mammouths, mastodontes, paresseux terrestres g√©ants, tapirs, chameaux, lamas, glyptodontes, castors g√©ants, etc., dont 19 esp√®ces de mammif√®res herbivores plus grandes que le cerf, sept d’entre elles ayant une taille allant du bison √† l’√©l√©phant. En quelque 2000 ans, sous la culture Clovis, ces animaux qui n’avaient pas appris √† craindre les humains disparurent, chass√©s jusqu’√† l’extinction du dernier.¬†Photos :¬†Glyptodon¬†clavipes (Mar del Plata, Argentina, fin Pl√©istoc√®ne – Royal Ontario Museum) (tatou g√©ant) – Ci-dessous:¬†Georges Catlin, Chasse au bison –

catlin_chasse

 

foretEbenezer Bryce

Bryce Canyon¬†est le premier site naturel que nous visitons en Utah, au sud de Salt Lake City, la “ville du lac sal√©”. Voici la traduction du texte figurant sur un panneau “d’interpr√©tation” dont la teneur m‚Äôa amen√©e √† r√©fl√©chir sur les effets de la colonisation europ√©enne en Am√©rique du Nord :

“Les gens ont chang√© l’aspect de Bryce Canyon pendant plus d’un si√®cle. Dans les ann√©es 1870, les colons faisaient p√Ęturer un grand nombre de vaches et de moutons sur les prairies luxuriantes du plateau. Les for√™ts furent abattues pour construire les villes voisines. Bient√īt le castor, le loup, le carcajou et l’ours grizzly disparurent de la r√©gion.”

“Une fois le parc √©tabli en 1923, des routes, des sentiers et des terrains de camping furent am√©nag√©s pour r√©pondre √† la demande du nombre croissant de visiteurs. Maintenant, l’impact humain est devenu √©vident au simple regard.”¬†– Photo : Bryce Canyon –

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Ces r√©flexions sont int√©ressantes : elles montrent le chemin parcouru depuis l’√©poque des premi√®res colonisations jusqu’√† aujourd’hui et l’√©volution consid√©rable des mentalit√©s ‚Äď au moins au sein des √©quipes g√©rant les parcs nationaux. Nous avons tous en m√©moire les westerns qui magnifiaient l’√©pop√©e de la conqu√™te du Far-West et leur parodie dans les bandes dessin√©es de Lucky Luke. Ils illustraient les combats entre les cowboys – c’est-√†-dire des √©leveurs de b√©tail europ√©ens ou d’origine europ√©enne – et les Indiens, souvent caricatur√©s en guerriers sanguinaires. Ces films avaient aussi pour th√®mes les probl√®mes pos√©s par la transhumance √† travers des terres qui devenaient des propri√©t√©s priv√©es cl√ītur√©es par plusieurs rangs de fil de fer barbel√©. Ils √©voquaient la concurrence entre les √©leveurs de bovins et de moutons, la construction du chemin de fer…

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hoodoo_formationLes forces naturelles d’√©rosion toujours √† l‚ÄôŇďuvre aujourd’hui sont tr√®s puissantes. Dans cette r√©gion du plateau du Colorado, l’√©rosion est due √† la succession, sur des millions d’ann√©es, de changements climatiques naturels, de soul√®vements et d’effondrements de la cro√Ľte terrestre. Cela a abouti √† la formation du “Grand escalier” (the¬†Grand Staircase). Le Bryce Canyon se trouve sur sa partie sup√©rieure, creus√© dans les strates g√©ologiques les plus r√©centes, √† l’oppos√© du Grand Canyon du Colorado. Quant aux chemin√©es de f√©es, appel√©es “hoodoos”, elles r√©sultent surtout de la combinaison du vent, de l’eau et de l’√©rosion par le gel.¬†– Sch√©mas : Formation des chemin√©es de f√©e, les “hoodoos” – Structure du “Grand Staircase” –

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Quelle peut √™tre l’importance de l’impact des activit√©s humaines ? Prenons l’exemple d’Ebenezer Bryce, dont le canyon porte le nom. Il naquit en 1830 en √Čcosse o√Ļ, tr√®s jeune, il devint charpentier de marine. Il se convertit au mormonisme et fit partie du flot de gens qui migra en 1847 en Utah. Apr√®s les deux guerres men√©es par les pionniers contre les Indiens Shoshones Ute, Paiute et les Navajos,¬†Walker War¬†(1853‚Äď54) et¬†Black Hawk War(1865‚Äď68), ces derniers furent rel√©gu√©s dans des r√©serves. Bryce fit partie de la nouvelle vague de colonisation qui toucha cette r√©gion du sud de l’Utah dans les ann√©es 1870. Dans les ann√©es 1880, il quitta la Pine Valley (¬ę¬†Vall√©e des pins¬†¬Ľ) pour aller vivre √† Clifton dans la Paria Valley. Il construisit une route qui permettait de transporter vers la vall√©e le bois extrait des for√™ts du plateau Paunsaugunt dont la bordure orientale est form√©e par les Pink Cliffs, les falaises roses. Il r√©alisa √©galement un syst√®me d’irrigation qui amenait l’eau des collines vers les cultures des vall√©es attenantes.¬†– Photo : Bryce Canyon –

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S’il exploite les for√™ts si loin de Salt Lake City, c’est parce que, d√©j√† √† cette √©poque, donc seulement trente ans apr√®s l’arriv√©e des pionniers mormons, une grande partie de l’Utah est si¬†d√©forest√©e¬†– particuli√®rement autour de Salt Lake City – qu’il faut importer du bois des Etats voisins pour couvrir les besoins qui ne cessent d’augmenter. Sur le fragile Plateau Paunsaugunt au climat semi-d√©sertique, avant l’arriv√©e des colons, les Indiens¬†Pa√Įutes¬†ne pratiquaient qu’une chasse et une cueillette saisonni√®res, leur impact √©tait bien minime en comparaison.¬†– Photo : Depuis l‚Äô√ģle Antelope, point de vue sur la rive oppos√©e d√©bois√©e, Grand Lac Sal√©, Nord Utah –

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foretCivilisation et déforestation en Europe

La¬†d√©forestation¬†n’est pas un fait nouveau. Depuis le N√©olithique, elle a accompagn√© l’homme presque partout o√Ļ il s’est s√©dentaris√©, et les activit√©s agricoles en restent encore aujourd’hui la principale cause, suivies de pr√®s par le besoin en bois de chauffage. Voici les¬†r√©sultats¬†d’une simulation r√©alis√©e par une √©quipe scientifique suisse sur l’√©volution des for√™ts du bassin m√©diterran√©en et de l’Europe au cours des 6000 ans pr√©c√©dant la R√©volution industrielle.

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Terres arables (rouges)

Terres propices √† l’√©levage (vertes)

Proportion de 0% à 100%

Durant toute cette p√©riode, soit depuis 4000 avant notre √®re, ce sont les humains qui ont √©t√© le principal facteur des changements de la couverture du sol et de son usage. La r√©partition de la population par r√©gion est modul√©e, d‚Äôune part en fonction de la qualit√© des terres arables, les meilleures sur les sch√©mas ci-dessus, du point de vue du sol et du climat √©tant les plus rouge fonc√© sur la premi√®re carte, et d‚Äôautre part selon la possibilit√© climatique de pratiquer l’√©levage, les zones les plus propices √©tant les plus vert fonc√© sur la seconde carte. Lorsque la densit√© de la population augmente dans un endroit donn√©, la surface de sol n√©cessaire √† ses besoins augmente √©galement. Premi√®rement, la croissance de la population stimule l’extension de terres arables pour accro√ģtre la nourriture, ce qui induit la d√©forestation. Deuxi√®mement, cette croissance d√©mographique engendre une plus grande exploitation des produits forestiers, tels que le bois pour l’√©nergie et les mat√©riaux de construction, ce qui a pu amener √† un d√©clin global de la for√™t environnante. Cette pression d√©mographique a pu √™tre soulag√©e par la migration, le commerce et la pr√©sence de ressources alimentaires autres que celles de l’agriculture (par exemple la p√™che). Il y a eu aussi l’√©volution vers une agriculture plus performante gr√Ęce √† l’innovation et le d√©veloppement technologiques, et la sp√©cialisation.¬†– Cartes ci-dessous : 1000 BC (Before Christ) = 1000 avant J.-C. –

deforestation

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1000 BC: La premi√®re carte ci-dessus montre une large d√©forestation du Moyen-Orient (Iraq, Syrie-Liban et Palestine-Jordanie) en raison des hautes densit√©s de population, ainsi que de la faible proportion de riches terres agricoles.¬†Leur diff√©renciation par rapport aux autres r√©gions est probablement due √† leur longue histoire d’agriculture, √† l’urbanisation et √† la sp√©cialisation du travail. Il en a sans doute √©t√© de m√™me pour l’Egypte qui n’est pas comprise dans l’√©tude. La Belgique (tr√®s peupl√©e √† l’√©poque) montre aussi un d√©boisement relatif, de m√™me que la Suisse et l’Autriche (70%) (mais l√†, c’est √† cause d’une mauvaise prise en compte par le mod√®le de la transhumance dans les montagnes durant l’√©t√©). Par contre, tout le reste de l’Europe est couvert de for√™t, l’Europe de l’Est est la mieux pr√©serv√©e, de m√™me que l’Afrique du Nord. Par contre, la Norv√®ge et la Su√®de, qui ont tr√®s peu de terres arables, montrent d√©j√† un fort d√©boisement (comparativement avec le reste de l’Europe) pour alimenter leurs populations.

300 BC: 700 ans plus tard, le¬†d√©boisement¬†a beaucoup progress√©. Il s’est d’abord produit sous l’influence des civilisations de la Gr√®ce antique (1000 BC √† 300 BC), des Ph√©niciens et des Carthaginois. Elles laissent ainsi leur marque sur le paysage. Hom√®re (d√®s la fin du VIIIe s. av. J.-C.) le mentionnait dans ses √©crits. La Gr√®ce, l’Alg√©rie, la Tunisie sont √† 90% cultiv√©es. Par contre, en Europe centrale et occidentale, il y a entre 10 et 60% de d√©forestation selon les r√©gions. Le Moyen-Orient maintient toujours de fortes densit√©s de population, tandis que l’Europe de l’Est, avec une faible densit√© humaine, demeure fortement bois√©e. Au Maroc, il y a davantage de terres arables et l’habitat est dispers√©, il y a donc moins de pression sur les for√™ts que dans les autres r√©gions d’Afrique du Nord.¬†– Cartes ci-dessous : AD 350 (After Death) = 350 apr√®s J.-C. –

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AD 350: Vers 350 apr√®s J.-C., l’effondrement des empires classiques en Gr√®ce et dans les r√©gions voisines se traduit par une moindre densit√© humaine et un reboisement relatif. La d√©forestation se d√©place √† partir de l’Italie dans l’ensemble du monde romain (300 BC √† AD 200). Elle est mentionn√©e par Lucr√®ce au 1er si√®cle av. J.-C. La France, l’Allemagne, la Pologne montrent un l√©ger accroissement de la d√©forestation (jusqu’√† 90% dans certaines zones), tandis que la Russie n’en est qu’aux pr√©mices.

AD 1000: Vers 400 apr√®s J.-C., la d√©forestation atteint son maximum en Europe (France, Allemagne, Pologne) juste avant la chute de l’empire romain. De 400 √† 750 apr√®s J.-C., guerre, √©pid√©mies, migrations de peuples venus de l’Est et d√©t√©rioration climatique engendrent la stagnation ou le d√©clin des populations europ√©ennes. En AD 1000, la Norv√®ge et l’Islande peuvent entretenir de fortes populations gr√Ęce √† la p√™che. Il n’y a pas de changement significatif pour les for√™ts, sauf en Gr√®ce, o√Ļ la couverture foresti√®re se reconstitue progressivement.

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AD 1500 : Du 11e au 13e si√®cle, c’est “l’Age des grands d√©frichements”. La conqu√™te normande de l’Angleterre au 11e s. l’impulse dans ce pays. Le d√©veloppement des soci√©t√©s f√©odales et l’am√©lioration climatique qui marque la fin des migrations se traduisent par un d√©clin graduel de la couverture foresti√®re en Europe. Le d√©veloppement de l’empire bulgare se termine √† la fin du 11e s. avec les migrations germaniques. La d√©forestation se produit contin√Ľment jusqu’en 1350, date √† laquelle la Peste noire tue 30 √† 50¬†% de la population europ√©enne en cinq ans (1347-1352), faisant environ vingt-cinq millions de victimes. Le d√©clin tr√®s important de la population d√Ľ √† l’√©pid√©mie se refl√®te dans le large reboisement de beaucoup de r√©gions europ√©ennes, qui est sensible jusque vers 1400. Vers 1450, la population retrouve son niveau ant√©rieur √† 1350 et le niveau de d√©forestation √©galement. A la Renaissance au 16e s., la Belgique et le Luxembourg d√©veloppent une population urbanis√©e sophistiqu√©e gr√Ęce aux manufactures et au commerce international. De m√™me, la Suisse et l’Autriche b√©n√©ficient de leur position alpine pour profiter du commerce international, tandis que les pays riverains de la M√©diterran√©e, comme la France et l’Italie, am√©liorent leur technologie agricole et plantent une vari√©t√© de cultures qui se diffusent ensuite aux autres pays d’Europe. A contrario, les pays du Moyen-Orient voient leur population stagner ou baisser en raison de l’exploitation non durable du mill√©naire pr√©c√©dent.

AD 1850 : De 1500 √† 1850 se poursuit le d√©frichement : la plus grande partie des terres utiles √† l’agriculture et √† l’√©levage est d√©bois√©e juste avant le tournant de la R√©volution industrielle. – En France, la d√©forestation initi√©e au Moyen √āge afin d’√©tendre les terres agricoles finit par r√©duire la for√™t √† 15¬†% de sa surface √† la fin du¬†XIXe¬†si√®cle. – C’est notamment durant cette p√©riode que l’Europe de l’Est, pour la premi√®re fois de son histoire, se met √† d√©fricher √† grande vitesse (par ex. la Roumanie et la Bulgarie). En 1850, la Belgique et le Luxembourg, l’Angleterre et le pays de Galles, l’Ecosse, l’Irlande, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Italie, l’Allemagne, la France, la Suisse et la Tch√©coslovaquie affichaient la plus grande densit√© d’habitants au km¬≤. Ces pays furent les premiers √† d√©velopper une agriculture intensive bas√©e sur de nouvelles cultures telle que la pomme de terre, et ils r√©alis√®rent la R√©volution industrielle.

La d√©forestation en Europe durant les 6000 ans qui ont pr√©c√©d√© la R√©volution industrielle a induit un changement environnemental, de l’hydrologie r√©gionale √† un possible¬†changement climatique¬†global : elle a pu influencer le cycle global du carbone par des changements de l’albedo, de la rugosit√© de surface et de l’√©quilibre entre l’√©mission de transpiration et la recharge des nappes souterraines. Cette tendance globale √† la d√©forestation s’est invers√©e seulement deux fois au cours de la p√©riode : vers 600 apr√®s J.-C., lors de la transition entre la fin de l’Antiquit√© et le d√©but du Moyen-Age, et vers 1400 apr√®s J.-C., peu apr√®s la Peste noire. La plus grande d√©forestation en Europe eut lieu au XIVe si√®cle. La diff√©rence de d√©forestation entre l’Europe occidentale et orientale s’explique uniquement dans ce mod√®le par une diff√©rence de densit√© de population due √† une diff√©rence de qualit√© des terres arables et p√Ęturables.¬†– Photo : Eglise et carriole du Far-West (Scenic Byway 12, pr√®s de la r√©serve naturelle des Arches, sud Utah) –

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Apr√®s 1850, la corr√©lation entre d√©mographie et couverture foresti√®re est fauss√©e par de nouveaux facteurs. Le commerce international, l’exploitation de colonies au-del√† des mers, l’urbanisation et le d√©veloppement technologique, tous ces facteurs contribuent √† l’entretien d’une population tr√®s dense, ind√©pendamment de sa propre production agricole. On constata m√™me parfois un inversement de tendance, avec l’augmentation de la couverture foresti√®re malgr√© l’augmentation de la population. Toutefois, la couverture foresti√®re de l’Europe consid√©r√©e dans sa globalit√© continue √† se r√©duire jusqu’au 20e si√®cle.¬†– Photo : Lac Taggart, Parc du Grand Teton, Wyoming –

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foretColonisation et d√©forestation aux √Čtats-Unis d‚ÄôAm√©rique

Parall√®lement, voyons quelle a √©t√© la cons√©quence de la colonisation europ√©enne sur le territoire des √Čtats-Unis. Puisque, avant l’√®re industrielle, la d√©forestation de l’Ancien Monde a √©t√© corr√©l√©e avec la d√©mographie, en a-t-il √©t√© de m√™me dans le Nouveau Monde ¬†?

Avant l’arriv√©e des Europ√©ens aux √Čtats-Unis, pr√®s de la moiti√© de leur surface est couverte par une for√™t primaire. De 1592 √† 1790 (en 2 si√®cles), 590 000 Europ√©ens et 360 000 Africains immigrent sur le territoire pour se consacrer essentiellement √† l’agriculture et l’√©levage. Ils fondent des familles et la population blanche quintuple pour atteindre en 1790, quinze ans apr√®s la fondation des √Čtats-Unis, 3,143 millions individus, tandis que la population noire double seulement pour atteindre un effectif de 757 000 individus. D√©j√†, le gouvernement f√©d√©ral s’inqui√®te des effets d‚Äôun d√©boisement anarchique dont les effets p√®seraient sur les g√©n√©rations futures et commence √† r√©server des for√™ts, par exemple dans les √Čtats c√ītiers (G√©orgie, Floride) pour la ressource en bois destin√©e √† la marine.¬†– Photo : Point de vue depuis la Scenic Byway 12 (Sud Utah) –

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De 1790 √† 1850, la population est multipli√©e par six, passant √† 23 millions, dont 2,5 millions d’immigrants suppl√©mentaires sur la p√©riode (en 60 ans). Pour m√©moire, la population am√©rindienne ne repr√©sente plus aux USA que 339 421 individus en 1860 (hors Alaska), c’est la premi√®re donn√©e d√©mographique disponible.¬†– Photo :¬†Amish¬†(Touristes √† Yellowstone, Wyoming) –

amish

Au début du XIXe siècle, deux Français témoignent de la surexploitation des forêts nord-américaines  :

  • Fran√ßois Andr√© Michaux (1770-1855) d√©plore que, ni le gouvernement f√©d√©ral, ni celui de chaque √Čtat, n‚Äôaient conserv√© des zones bois√©es. Il en a r√©sult√© des effets d√©sastreux, notamment pour l‚Äôalimentation en bois de chauffe des villes et la fourniture de bois de construction (rar√©faction de la ressource et augmentation des co√Ľts).
  • Jacques-G√©rard Milbert (1776-1840) surench√©rit ¬†: ¬ę¬†Mais il est un point o√Ļ dans chaque canton le d√©frichement doit s‚Äôarr√™ter, si l‚Äôon ne veut, en peu d‚Äôann√©es, voir se succ√©der √† un pays verdoyant et fertile, une terre aride et d√©pouill√©e.”

En 1851, six ans √† peine apr√®s l’arriv√©e des Mormons dans la vall√©e du Grand Lac Sal√©, les coupes foresti√®res sont r√©glement√©es. Dans plusieurs √Čtats, une campagne se d√©veloppe de 1861 √† 1870 pour replanter des for√™ts…¬†– Photo : Mormon Row, colonisation en 1890 √† Jackson Hole, Wyoming –

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En 1872, le gouvernement am√©ricain prend une mesure tr√®s originale. Ayant constat√© l’acc√©l√©ration des d√©gradations qui se produisent dans le pays avec la R√©volution industrielle (chemins de fer, machines √† vapeur…) √† l’√©gard des for√™ts, des espaces naturels, de la faune et de la flore, il d√©cide de pr√©server l‚Äôint√©gralit√© du site de Yellowstone en stoppant toute exploitation priv√©e dans son enceinte et en interdisant toute incursion, hormis dans un cadre touristique sous contr√īle public. Ce sera le premier parc national. Cette initiative est pr√©c√©d√©e en 1864 par le classement en parc r√©gional de la vall√©e de Yosemite en Californie, alors en pleine ru√©e vers l’or.¬†– Photo : Grand Canyon de la rivi√®re Yellowstone, Wyoming –

yellowstone grand canyon

Le 10 Septembre 1875, soit un si√®cle √† peine apr√®s la fondation des USA, l’American Forestry Association est fond√©e √† Chicago. Elle se donne pour objectifs “la protection des for√™ts existantes dans le pays et la promotion de la propagation et de la plantation d’arbres utiles”. Les r√©serves de for√™ts servent non seulement √† pr√©server la ressource en bois, mais √©galement √† prot√©ger les bassins hydrographiques. En effet, le d√©boisement entra√ģne l’√©rosion des sols qui induit une baisse de qualit√© et de disponibilit√© de l’eau potable. Toutefois, except√© dans sa partie ouest, la¬†for√™t¬†des √Čtats-Unis sera presque effac√©e de la carte et du paysage au d√©but du XXe¬†si√®cle.¬†– Photo : Boulder Mountain, sud de l‚ÄôUtah –

boulder mountain

Quelle en est la raison¬†? C‚Äôest que, jusqu’aux ann√©es 1950, l’√©levage augmente et il est m√™me¬†pratiqu√©¬†dans les for√™ts restantes, provoquant l’√©rosion et des √©boulements dans les vall√©es. Les premiers moutons domestiques ont √©t√© introduits en Utah en 1847 par les pionniers mormons. Il y en a environ 2,7 millions en 1929. En 2017, il n’en reste plus que 270 000, soit dix fois moins. C’est l‚Äôensemble du pays qui pr√©sente une tendance √† la baisse de cet ordre de grandeur : le nombre de t√™tes culmine √† 56 millions aux USA √† la fin des ann√©es 1940 pour chuter aujourd’hui √† moins de 6 millions (pour la laine et la viande).A cela, il faut ajouter 2,64 millions ch√®vres, dont la moiti√© est √©lev√©e au Texas et tr√®s peu en Utah (9000).¬†– Photo : Ancienne ferme de l‚Äô√ģle Antelope (tonte moutons, carriole, barque), Grand Lac Sal√©, Utah –

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En Utah, le¬†cheptel bovin¬†√† son maximum ne repr√©senta pas plus de quelques centaines de milliers de t√™tes (320 000 en 1900 pour 276 000 humains), alors qu’en 2017 on en compte 344 000 pour 3 millions d’humains. Mais son exploitation g√©n√©ra une grosse sp√©culation, surtout de la part d‚Äôinvestisseurs de l’est am√©ricain et de la Grande Bretagne. Les tensions entra√ģn√®rent l’ins√©curit√©, des meurtres et le vol de b√©tail. C‚Äôest dans ce cadre que le malfaiteur Butch Cassidy √©cuma l‚ÄôUtah et les √Čtats voisins de 1880 √† 1900. Le secteur dut aussi s’organiser pour contrer les manoeuvres de gros propri√©taires qui cherchaient √† s’approprier les meilleurs p√Ęturages et la ressource en eau. Mais les freins les plus importants √† l’expansion de cette √©conomie furent les conditions climatiques (hivers rigoureux, s√©cheresse) et les fluctuations du march√©. Aujourd‚Äôhui, il y a 97 millions de t√™tes de b√©tail aux USA (pour 326 millions d’humains), alors qu’en 1972, √† son maximum, on comptait 135 millions de t√™tes de b√©tail pour 210 millions d’humains.

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Pour m√©moire, avant le d√©veloppement de la m√©canisation de l’agriculture, le nombre de chevaux et de mules culmina vers 1920 √† 25 millions. A l’heure actuelle, une partie des chevaux est retourn√©e √† l’√©tat sauvage avec des hardes qui prosp√®rent au point que l’Utah proc√®de √† la¬†contraception, car les habitants r√©pugnent √† ma√ģtriser leur population par la chasse !

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foretPourquoi des parcs nationaux ?

La premi√®re approche de l’id√©e de parc national a √©t√© formul√©e aux √Čtats-Unis en 1832 par le peintre am√©ricain¬†George Catlin¬†(1796-1872). De retour d’un voyage dans l’Ouest, il propose une politique de protection par le gouvernement d’un ¬ę¬†parc contenant hommes et b√™tes dans toute la beaut√© sauvage de leur nature¬†¬Ľ. Il est alors peu √©cout√©, ses portraits et sc√®nes de genre des tribus indiennes n‚Äôayant qu‚Äôun succ√®s de courte dur√©e. Toutefois, trente ans plus tard, le pr√©sident Abraham Lincoln ratifie en 1864 la cession √† l‚Äô√Čtat de Californie de la vall√©e de Yosemite o√Ļ pousse une for√™t de s√©quoias g√©ants. Toute installation et colonisation y est d√©sormais interdite, la vall√©e devient un parc qui sera mis √† la disposition du public pour sa r√©cr√©ation, les revenus servant √† la pr√©servation, l‚Äôam√©lioration et la protection de ce site naturel.¬†– Photo : Georges Catlin, chasse au bison –

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En 1871, la premi√®re exp√©dition officielle gouvernementale dans la r√©gion de Yellowstone est dirig√©e par le g√©ologue Ferdinand V. Hayden. L’exp√©dition scientifique inclut dans son √©quipe l’artiste Thomas Moran et le photographe William Henry Jackson. Les photos, tableaux et dessins qui d√©peignent les beaut√©s et l‚Äôoriginalit√© du site associ√©s aux d√©couvertes scientifiques frappent encore plus l‚Äôimagination du Congr√®s am√©ricain. En 1872, Yellowstone devient le premier parc national du monde. A la diff√©rence des simples r√©serves foresti√®res, l‚Äôobjectif est d‚Äôen faire un lieu ¬ę¬†exempt d’exploitation mercantile, vou√© √† la satisfaction du peuple¬†¬Ľ, selon les termes du pr√©sident am√©ricain Ulysses Grant lors de la signature du d√©cret du 1er mars 1872 qui garantit sa protection.¬†– Photo : Exploration de Yellowstone ¬†: Camp, 1871 (photo William Henry Jackson) –

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Si l‚Äôon y r√©fl√©chit bien, un parc naturel n‚Äôest donc qu‚Äôune version moderne, un ultime avatar des m√©nageries royales ou princi√®res o√Ļ des esp√®ces exotiques √©taient maintenues en captivit√© pour le plaisir des visiteurs et la gloire de l’autorit√©. Les parcs zoologiques qui en avaient d√©coul√©, plus d√©mocratiques, coexistent encore, mais sous l‚Äôinfluence des sensibilit√©s √©cologiques, ils am√©liorent le cadre et agrandissent l‚Äôespace d√©volu aux animaux. Ils tendent ainsi √† se rapprocher de l‚Äôenvironnement naturel qui caract√©rise les parcs. Les zoos se donnent aussi des objectifs tr√®s semblables √† ceux des parcs¬†: ¬ę¬†le divertissement, la conservation des esp√®ces, la p√©dagogie et la recherche scientifique¬†¬Ľ.¬†– Photo : Wapiti,¬†Cervus canadensis, appel√© Elk par les Am√©ricains¬†(biche) –

elk wapiti

Il faudra plusieurs dizaines d‚Äôann√©es d‚Äôinvestissements tr√®s cons√©quents pour que le public puisse profiter de ces espaces naturels prot√©g√©s. En 1872, seulement 300 personnes parviennent √† sa bordure et pendant des d√©cennies, le voyage √† Yellowstone et aux autres parcs recul√©s restera long, difficile et on√©reux. L’acc√®s aux automobiles priv√©es – la vague du futur – sera seulement autoris√© √† Yellowstone en 1915, mais peu de personnes en poss√®de √† l’√©poque.¬†– Photo : Premi√®re auto √† Yellowstone National Park, 1904 –

yellowstone 1904

Avant la construction de routes bitum√©es et de ponts solides, un voyage √† travers le parc offrait frayeurs et frustrations. On voyageait dans une diligence brinquebalante ou une auto √† manivelle sur d’√©troites routes boueuses et sinueuses, des descentes abruptes et des passages de rivi√®res √† gu√© en l‚Äôabsence de pont. Quand il pleuvait, on se retrouvait embourb√© jusqu’au moyeu et si le temps √©tait sec, la poussi√®re s’infiltrait dans les yeux et le nez et recouvrait le corps de la t√™te au pied.¬†– Photo : Travers√©e √† gu√© de la Lamar River, Yellowstone, vers 1910 –

lamar river gue

Toutefois, en 1916, l’ann√©e de la cr√©ation du Service du parc national en tant qu’agence f√©d√©rale, pr√®s de 36 000 visiteurs profitent du voyage √† Yellowstone. Apr√®s la seconde guerre mondiale, de nouvelles routes sont construites dans le pays et les automobiles deviennent accessibles √† beaucoup de familles. En 1948, trois ans apr√®s la fin de la guerre, le nombre de visiteurs √† Yellowstone monte en fl√®che √† plus d’un million. Mais les structures d‚Äôaccueil sont en mauvais √©tat et trop succinctes pour recevoir ces foules croissantes. En 1955, le Service du parc national met en place un ambitieux plan f√©d√©ral de construction de routes, de ponts, de centres d’accueil… A partir de 1966, le tourisme devient une industrie et le divertissement des peuples devient une grande source de profit et, ce faisant, l‚Äôactivit√© principale des parcs nationaux.¬†– Photo : 1925, automobile embourb√©e √† Yellowstone –

yellowstone 1925

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