Jardiner au naturel

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5 avril 2014
Atelier Botanique de l’Université du Temps Libre d’Anglet : Anita, Claudine, Patrice, Cathy (3 absents : Jean, Bénédicte et Soledad)
 

Pourquoi se fatiguer au jardin quand le travail peut se faire tout seul ? Enfin, tout seul, pas tout-à-fait ! Jean-Pierre Auffret (Jardirev), expérimentateur autodidacte passionné, nous fait part de ses découvertes avec beaucoup d’enthousiasme et de modestie. La terre de notre jardin peut être argileuse, limoneuse ou sableuse, on ne peut rien y faire et ce paramètre est impossible à modifier. Par contre, on peut améliorer la structure de la couche de terre utile aux plantes de notre potager. Tout d’abord, il faut savoir que la partie vivante du sol n’occupe que la couche supérieure du sol sur à peine 5 à 10 cm d’épaisseur, il est donc essentiel de la préserver en se gardant bien de la labourer. Voilà un langage qui n’est pas courant ! Les agriculteurs retournent la terre depuis des temps immémoriaux et les jardiniers en font autant. Pourquoi prône-t-il le contraire de ce que nous avons toujours appris ? C’est simple. Au tableau, il nous montre une liste(*) à la Prévert : 1 milliard de bactéries invisibles, plusieurs mètres de Hyphes fongiques, plusieurs milliers de protozoaires, quelques douzaines de nématodes. De quoi peut-il bien s’agir ? C’est en fait ce que l’on trouve lorsqu’on analyse le contenu d’une cuillerée à café de terre du jardin. Il nous montre une deuxième liste qui représente la chaîne alimentaire des habitants de notre jardin : bactéries, champignons, algues(**), protozoaires, nématodes (vers), arthropodes (insectes), vers de terre, gastéropodes (escargots, limaces), reptiles, mammifères, oiseaux. – Photos : Ci-dessus, toute une façade de la salle d’expositions était tapissée de bois en lamellé-collé qui donnait un aspect chaleureux à ce vaste espace tout en amortissant agréablement les sons (à ce qu’il m’a semblé) – Détail ci-contre – Jean-Pierre Auffret (Jardirev) –

(*) Note : Une hyphe est un élément végétatif filamenteux multinucléaire, caractéristique des champignons. Elle peut mesurer plusieurs centimètres de long mais n’avoir que quelques microns (millièmes de millimètres) de diamètre et donc, à l’état isolé, être invisible à l’œil nu. Ces filaments deviennent visibles lorsqu’ils sont réunis en cordons mycéliens suffisamment gros. En biologie, le terme protozoaire (du grec ancien proto- (premier) et -zoa (animal)) désigne les protistes (eucaryotes unicellulaires) hétérotrophes qui ingèrent leur nourriture par phagocytose. Exemple : La Paramécie qui vit dans l’eau des étangs et se nourrit de bactéries. Le nématode Caenorhabditis elegans est un petit ver transparent d’environ un millimètre de longueur, menant une vie autonome dans le sol. Certains nématodes présentent l’intérêt de parasiter certains insectes ravageurs des jardins : charançon rouge des palmiers, vers blancs ou otiorhynques, mouches des terreaux, vers gris.

(**) Note : Les algues n’ont pas la même composition que leurs soeurs, les plantes. Elles sont constituées d’un thalle qui ne possède ni racines, ni fleurs, ni graines, contrairement à la conception générale que nous avons d’une plante. Elles ne vivent pas seulement dans les milieux aquatiques tels que les eaux douces, saumâtres et marines, mais également dans des milieux humides et sous diverses formes:
• en substance sur les surfaces rocheuses humides, sur les troncs d’arbres,
• en mousse à la surface de l’eau,
• ou simplement en algues sur la terre humide. 
– Photos : Sur le stand de la bibliothèque intercommunale, j’ai particulièrement admiré ce livre (Ressources végétales, textes de Bernard Bertrand et superbes illustrations de Yannick Fourié aux éditions Plume de carotte) –

Jean-Pierre Auffret préconise donc d’améliorer la fertilité et la texture de la couche supérieure du sol plutôt que d’agir directement sur la croissance des plantes. Pour justifier ses dires, il nous annonce que 90% des familles de plantes terrestres vivent en symbiose avec des champignons : c’est ce que l’on appelle la mycorhize, c’est-à-dire l’association symbiotique entre les champignons et les racines des plantes (il n’est pas le seul à en tenir compte, puisqu’on vend maintenant des semences de pins mycorhizées). Ce que l’on appelle habituellement des champignons ne sont que les sporophores, organes éphémères qui servent à la reproduction du champignon proprement dit, constitué de mycélium et vivant dans la terre. Dans cette association, les hyphes qui composent ce mycélium colonisent les racines d’une plante. Ces fins filaments sont capables d’explorer un très grand volume de sol (mille mètres de filaments mycéliens pour un mètre de racine). En moyenne 30 à 40 % des minéraux captés par les marges du réseau mycélien sont rétrocédés à la racine, cette dernière apportant 30 % des glucides photosynthétisés au champignon. La mycorhize permet de combler les besoins en phosphates des plantes et leur confère une meilleure résistance à la sécheresse. Toutefois les études faites sur les sols arables cultivés montrent que la diversité en champignons mycorhiziens y est extrêmement faible par rapport aux sols forestiers considérés par notre orateur comme un idéal à atteindre. Un cortège mycorhizien optimal agirait comme un engrais, sans ses inconvénients et gratuitement. Il est donc important de le préserver et de ne pas l’endommager par des labours (perturbation par retournement des sols et écrasement sous le poids des machines), par la fertilisation azotée (qui réduit la reproduction par sporophores et la diversité des espèces de champignons), par les coupes rases des forêts ou les moissons des cultures, les éclaircies forestières, l’irrigation des cultures, l’emploi de fongicides, etc. – Photo : Un autre livre qui m’a paru intéressant –

Quant aux bactéries, elles exercent un rôle essentiel dans la fixation de l’azote. Certaines vivent librement dans le sol, d’autres en symbiose entre bactéries, ou encore en symbiose avec des plantes, comme Rhizobium avec les légumineuses (fabacées) et l’actinomycète Frankia avec diverses espèces d’angiospermes, essentiellement des arbres et arbustes. Les différentes espèces de bactéries Rhizobium qui sont capables d’infecter les racines des légumineuses (famille des Fabacées) sont spécifiques de certaines plantes-hôtes. Ainsi Rhizobium phaseoli infecte les haricots. Les bactéries pénétrent par les poils racinaires, provoquent la formation de nodosités sur les racines et se transforment en bactéroïdes de plus grande taille. Les nodosités sont le siège d’une activité symbiotique dans laquelle la plante fournit les sucres et l’énergie issus de la photosynthèse, et bénéficie en retour des acides aminés qui y sont produits. Cette activité peut produire jusqu’à 300 kg d’azote à l’hectare, qui se retrouve en partie dans les récoltes (protéines des graines et fourrages) et en partie dans le sol, utilisable par les cultures suivantes. Au niveau mondial, on estime à 100 millions de tonnes par an la masse d’azote ainsi fixé, soit le même ordre de grandeur de la production d’azote de l’industrie chimique. – Photo : Nodosités des racines causées par une bactérie Rhizobium –

Il nous décrit également l’action des vers de terre qui montent en surface, enroulent les feuilles mortes en forme de cigare pour les descendre sous terre. Ainsi, les bactéries qui les dégradent sont abritées, leur action facilitée, et les feuilles deviennent plus rapidement assimilables par les vers qui se nourrissent de leurs fragments décomposés. La règle d’or dans le jardin est donc d’utiliser uniquement la grelinette* sans jamais laisser le sol nu. Pour le protéger tout en évitant la pousse de plantes indésirables, il préconise d’entourer les plantes du potager d’une bonne épaisseur de paille. Pour améliorer la composition du sol, il encourage l’emploi du compost. Que faire pour bien le réussir ? Les végétaux en décomposition ont besoin d’air, d’eau et de chaleur pour bien se dégrader. Il est important, pour bien l’équilibrer, d’alterner les couches de matière humide (végétaux verts) et de matière sèche (feuilles mortes et fins rameaux). Eviter de mettre directement la tonte du gazon (qui se tasse et pourrit) : il est préférable de le laisser sécher quelques jours avant de l’intégrer au compost. Et voici le conseil qui m’a le plus enchantée : si l’on décide de créer un potager, point n’est besoin d’ôter le gazon ou les herbes. Il suffit de recouvrir la surface désirée de cartons et d’y étaler 5 cm de compost protégé par du paillage ou du BRF (bois raméal fragmenté). Un an après, l’ensemble aura été transformé en humus si tendre qu’on pourra enfoncer le plantoir sans problème ! – Illustration : La grelinette –

Il est préférable toutefois d’éviter les aiguilles ou écorces de conifères qui produisent un humus acide néfaste à la plupart des plantes du potager (à part les fraises). Je lui demande si ce procédé peut être employé pour la culture de pommes de terre. Selon lui, il suffirait de simplement les poser à même le sol et de les recouvrir de 20 cm de paille. Pour les protéger des doryphores, on peut planter des aubergines autour du carré de patates (les doryphores préfèrent les aubergines aux patates), et pour protéger les aubergines des doryphores, planter des tomates litchi (morelle de Balbis), originaires d’Amérique centrale, (les doryphores préfèrent les tomates litchi aux aubergines). Ces morelles de Balbis protègent également la pomme de terre du nématode à kyste. Etant abondamment pourvues d’épines, elles peuvent aussi servir de clôture. – L’oeillet d’Inde, quant à lui, protège biologiquement les pieds de tomate des aleurodes (mouches blanches) et des nématodes (vers), tout en attirant les pollinisateurs. Le persil, le basilic et la ciboulette ont aussi la réputation d’éloigner les ravageurs des tomates -. Je trouve sur Internet une expérience un peu similaire de culture de pommes de terre sans labour. En janvier, plusieurs semaines avant leur plantation, le jardinier a étalé une couche d’une bonne dizaine de centimètres de pré-compost plutôt qu’un compost bien mûr sur une portion de sa prairie, de façon à stimuler la faune qui a poursuivi l’oeuvre de décomposition des végétaux. Pour le protéger des pluies encore nombreuses et éviter la repousse de l’herbe enfouie dessous, il l’a recouvert d’une épaisse couche de BRF. Ainsi, la terre s’ameublit naturellement de jour en jour, facilitant l’enracinement futur des pommes de terre. Jean-Pierre Auffret encourage le public à participer aux ateliers organisés au jardin solidaire de Bardos (Le jardin d’AIMA: Allons Imaginer un Monde d’Amitiés ou Jardin du Trocoeur). Des ateliers de jardinage se font aussi à la Plaine d’Ansot, à la jardinerie Laffitte et au jardin botanique Paul Jovet de Saint Jean de Luz. – Photo : Atelier Land-Art animé par Valérie du jardin AIMA de Bardos avec les enfants, composition avec les déchets végétaux (et quelques fleurs) avant de les mettre au compost –

(*) La grelinette est un outil de jardin inventé par André Grelin dont le brevet a été déposé en 1963. D’invention récente, elle permet d’ameublir la terre sans la retourner, contrairement à une bêche, en préservant ainsi l’écosystème du sol. Ceci en fait donc un outil privilégié en agriculture biologique, notamment en micro-agriculture biointensive. Basé sur le principe du levier, cet outil permet un travail efficace et rapide avec un minimum d’effort.

Maïté Goyenetche intervient au nom de l’association B.L.E. (Biharko Lurraren Elkartea), « Pour la terre de demain » qui regroupe 180 agriculteurs dont 48 sont en agriculture biologique et qui oeuvre, de manière indépendante, pour le développement de l’agriculture biologique et pour une agriculture autonome et économe en Pays basque. L’association porte un projet d’agriculture écologique, moteur d’un développement vraiment durable du territoire. L’oratrice nous fait part des résultats d’un diagnostic des sols effectué dans diverses parcelles du Pays basque dont 80% du sol est constitué de flysch. Leur régression et dégradation se manifeste par la formation d’une croûte de battance. Quelle en est la cause ? Avant tout, la battance est facteur des éléments même du sol, les limons, sables et argiles qui le composent, mais également du taux de matière organique. Sur sol surpiétiné suite à surfréquentation par le bétail ou l’homme, une croûte superficielle se forme et empêche la pénétration de l’eau, tout en favorisant une déstructuration des horizons superficiels du sol. Une érosion accrue, la mauvaise circulation verticale de l’eau et de la vapeur d’eau, ainsi que de l’oxygène et du dioxyde de carbone produit par les organismes du sol, entretient ce phénomène. Sur sol labouré, avec la pluie, la pression interne des mottes augmente (bulles d’air piégées dans les pores qui se remplissent par capillarité) et la cohésion de la motte diminue, l’impact dû à l’énergie cinétique des gouttes casse les mottes. À chaque pluie importante, il y a un excès d’eau en surface qui dilue la terre fine en une boue fine qui, en séchant, va cimenter les entrées capillaires du sol.

La battance se traduit par le colmatage, souvent visible à l’œil nu, de la porosité de la partie superficielle du sol, qui s’oppose à l’infiltration de l’eau, à la circulation de l’air, et favorise l’érosion hydrique. La stagnation anormale d’eau, la présence d’une fine croûte sont des indices de battance. La battance freine l’alimentation en eau et la respiration du sol, au détriment de leur vie biologique et de leur productivité. En augmentant, elle contrarie la levée des plantules après la germination. De plus, elle accentue le phénomène d’érosion. Elle modifie fortement les conditions thermohygrométriques de la strate herbacée et l’albédo du sol. Pour lutter contre la battance des sols, après un diagnostic affiné (qui nécessite souvent de creuser une fosse pédologique), il convient de reconstituer une couche d’humus suffisante dans le sol. Ceci peut se faire par l’installation d’une jachère vraie, d’un apport significatif de compost et/ou de bois raméal fragmenté… Il convient aussi — préventivement — de ne pas cultiver ou surpiétiner des terres limoneuses trop fines, surtout sur les pentes, en y entretenant toujours un couvert végétal (pouvant supporter des fauches et un pâturage extensif). Si la compaction est profonde, un sous-solage est souvent recommandé. Les cultures en interrang large (ex. : maïs) favorisent la battance, de même que le labour et le maintien de sols nus sur de longues périodes. C’est pourquoi, un semis sous couvert végétal permet de réduire considérablement le phénomène de battance : une culture protectrice est plantée en été et en automne, elle est suffisamment haute pour protéger la levée du semis. Cette culture est ensuite broyée en sortie d’hiver quand les plantules sont déjà bien installés. Pour rendre le sol moins acide, il faut y ajouter de la dolomie (calcaire) et pour le protéger de l’érosion, l’avoine fait partie des engrais verts intéressants. Avant de planter les légumes, il faut introduire le compost par léger binage des premiers centimètres de la surface. Si l’on a du fumier, il faut éviter que le jus ne se répande et pollue les ruisseaux et nappes phréatiques : Maïté Goyenetche préconise l’emploi de bâches Toptex, en feutre, qui laissent passer l’air, mais pas l’eau. – Photos : Xavier Martin, viticulteur d’Irouléguy, a creusé une tranchée pour permettre à Jean-Claude Roux, géologue et animateur au sein de l’association Les Pierres du Pays basque, de faire un diagnostic rapide de la composition des diverses strates du terrain – Ci-dessous : Quelques unes des oeuvres des enfants à l’atelier Land’Art. –

Agnès Ducat, paysagiste, conseillère au CAUE, nous apprend que, suite à la signature de l’arrêté du 27 juin 2011 relatif à l’interdiction d’utilisation de certains produits mentionnés à l’article L. 253-1 du code rural et de la pêche maritime dans des lieux fréquentés par le grand public ou des groupes de personnes vulnérables, les produits phytosanitaires voient leur utilisation réduite. Si une municipalité asperge de ces produits des places, parcs ou jardins publics, elle doit afficher un panneau d’interdiction de les fréquenter durant 6 à 48 heures (panneau que je n’ai jamais vu sur le BAB). En outre, l’employé, pour se protéger, doit s’habiller comme un cosmonaute ou un intervenant en zone radioactive, mis à part que l’ensemble du costume est vert, ce que je n’ai jamais vu non plus. Alors que nous faisons une pause entre deux conférences pour visiter les stands, Anita s’étonne de ne pas voir de livre de François Couplan. C’est un ethnobotaniste et écrivain français, spécialiste des utilisations traditionnelles des plantes sauvages et cultivées, qu’il a étudiées sur les cinq continents. Il anime des stages d’étude des plantes comestibles depuis 1975 aux États-Unis et depuis 1980 en Europe. Il possède une expérience approfondie de la vie au sein de la nature et de l’utilisation des plantes sauvages, tant en Europe qu’en Amérique du Nord, en Amérique centrale, dans les îles de l’océan Pacifique et au Moyen-Orient, où il a recueilli la tradition orale des divers peuples rencontrés. Avec son ex-épouse Françoise Marmy, il est aussi le pionnier en Europe des Opérations Survie, expériences profondes de la vie en harmonie avec la nature. Il a créé l’Institut de recherche sur les propriétés de la flore et préconise une agriculture naturelle visant à semi-cultiver la végétation spontanée. Il a participé au développement de la permaculture en France en traduisant les deux ouvrages de Bill Mollison et David Holmgren, Permaculture 1 et permaculture 2. Il est l’auteur de plus de 50 ouvrages et 600 articles.

Enfin, nous écoutons divers conseils pour organiser notre jardin : éviter les haies, préférer une végétation arbustive variée aux pieds espacés (2 m), alternant feuilles caduques et persistantes, et sélectionnant des arbustes à fruits ou baies pour les oiseaux. Penser que la première nourriture des plantes, c’est la lumière, donc ne pas trop planter. Laisser de l’herbe autour du potager pour attirer les pollinisateurs, planter tard au potager (mai) les tomates, piments et autres légumes à fruits. Dès à présent par contre, on peut planter les laitues, la pomme de terre. Il faut planter peu, pour ne pas se décourager avec les soins à apporter au potager. Ne faucher l’herbe que deux à trois fois par an pour favoriser la floraison des plantes et leur reproduction, ainsi que pour permettre à davantage d’auxiliaires du jardinier de subsister dans le jardin. Mettre tous les déchets végétaux au composteur. Conserver dans un coin un tas de branchages pour l’orvet (un lézard sans patte). Elaborer, si besoin, un purin d’ortie ou de bardane, ou incorporer ces plantes au compost. Réfléchir avant d’acheter un arbuste ou un fruitier : certaines variétés sont sensibles aux maladies ou aux insectes. Leur préférer des variétés locales, rustiques et faciles comme la pêche de vigne ou le prunier Caprane que l’on peut acquérir au Conservatoire végétale régional d’Aquitaine sis à Montesquieu, dans le Lot-et Garonne. Il s’agit d’un verger-musée, ouvert au public, vitrine du patrimoine régional et de l’effort de sélection paysanne, qui présente sur un hectare 550 variétés fruitières et cépages locaux. On peut y découvrir les modes traditionnels de culture, des fruits étonnants, méconnus, souvent très bons, à travers une visite guidée ou libre (le verger présente une signalétique individuelle pour chaque arbre). Il y a des expositions temporaires, on peut venir déguster, voir et acheter des fruits, des jus de fruits et légumes du Conservatoire, des plants d’arbres fruitiers anciens qu’il est possible d’acquérir toute l’année. Plutôt qu’aller en jardinerie, il est préférable de rendre visite à l’horticulteur local ou aux pépinières Laffitte par exemple. Ne pas hésiter à utiliser le paillis pour réduire les apports d’eau et apporter de la matière organique. Semer au lieu de mettre en terre des plants achetés. Dans un premier temps, semer les grosses graines, comme celles des capucines, plus faciles à faire germer. Ne pas en faire trop : un à trois pieds de courgettes suffisent à nourrir une famille !

Je note pour terminer des personnes évoquées lors d’une récente conférence à l’université du temps libre d’Anglet faite par Jean-Yves Maisonneuve, arboriculteur, jardinier, propriétaire avec Catherine Girault du Jardin de Pomone à St Denis du Pin en Charente. En 1980, Bernard Moitessier, le célèbre navigateur, tenta de convaincre les maires de France de planter des arbres fruitiers dans les espaces publics : “des arbres fruitiers qui appartiendraient à nous tous, y compris aux oiseaux et aux abeilles.” Il voulait en faire une oeuvre généreuse : “planter des arbres fruitiers, c’est à un niveau modeste, participer à la création du monde”. L’Américain Michael Pollan a vu son livre Botanique du désir traduit en français. “Vision inédite de la relation entre Homme et Nature, ce récit dessine avec style un monde où les plantes sont maîtresses de nos envies. En relatant l’histoire de quatre espèces domestiques – la pomme, la tulipe, la marijuana et la pomme de terre -, Michael Pollan nous démontre comment chacune d’elle a développé une stratégie de survie fondée sur la satisfaction de nos désirs les plus fondamentaux – douceur, beauté, ivresse et maîtrise. Histoire, botanique, mythologie et philosophie se font ici brillamment écho et nous mènent dans un voyage étourdissant qui excite l’esprit autant que les sens.” Enfin, le conférencier nous invite à regarder le court-métrage diffusé sur Internet à propos de Johnny Appleseed. John Chapman, dit Pépin de pomme, était un botaniste américain (1774-1845). Pionnier et missionnaire, devenu une légende de son vivant, il passa son existence à introduire et planter de nombreux pommiers dans de vastes régions de l’Indiana, de l’Ohio et de l’Illinois. Il est considéré comme un des premiers écologistes. Un court métrage, Johnny Pépin-de-Pomme (1948), réalisé par Walt Disney Pictures et inclus dans le long métrage Mélodie Cocktail, retrace sa vie. C’est un des personnages du roman de Neil Gaiman “American Gods”– Illustration ci-dessous : Dans la lignée de Moitessier, initiative prise en Charente pour inverser la tendance et planter des arbres fruitiers –

Présentation : Dans le cadre de la Semaine du Développement Durable qui s’est tenue du 1er avril au 7 avril 2014, l’association AVENIR Garazi Baigorri et le CPIE Pays basque, a organisé le 3ème salon Consom’acteur, le samedi 5 avril 2014 de 9 h à 17 h dans la salle communale de Lasse. Le thème de cette troisième édition était Jardiner au Naturel. La manifestation permettait au travers d’expositions, de stands, de conférences et d’ateliers d’informer, sensibiliser, faire participer et réagir les visiteurs sur les pratiques de jardinage préservant l’environnement et la santé. De nombreux partenaires locaux étaient présents pour animer cette journée avec en point d’orgue, une causerie avec Pantxo Azarete des Jardins d’Arnaga. Ouvert à toutes et à tous, particuliers, professionnels, élus ou agents techniques, ce salon était l’occasion de montrer que l’on peut jardiner autrement, en étant tout à la fois efficace et respectueux de son environnement. Auprès des exposants toute la journée, on trouvait des conseils pratiques, des outils, des livres, des composts, des produits bio, des fertilisants, des démonstrations, etc. !

En exposition, il y avait : Zéro phyto dans nos villes (Action territoriale du Gave de Pau) ; les photos des créations des écoles du territoire Garazi Baïgorri élaborées tout au long du mois de mars à partir des légumes de saison. Les petites conférences avaient pour thèmes : Connaître le sol de son jardin (Maïté Goyenetche – BLE) ; Faire vivre son sol pour faire pousser ses plantes (Jean-Pierre Auffret – Jardirev) ; Penser son potager avant de le réussir (Dominique Zamponi – Maraîcher à Ispoure) ; Echanger vos pratiques, échanger vos semences (Koldo Biscaye – serres d’Ahaxe) ; Les cimetières paysagers basques : des cimetières verts contemporains ancrés dans la tradition (Agnès Ducat – paysagiste, conseillère au CAUE) ; des espaces verts sans pesticides, c’est possible : exemples concrets (Aude Ledanvic) ; pas de désherbant sur nos routes ! (Philippe Goyetche – Conseil général 64) ; Redonner du naturel au jardin : 20 astuces (Pantxo Azarete – Jardins d’Arnaga). Les ateliers à voir, écouter, sentir : Le profil d’un sol (Jean-Claude Roux – géologue) ; un paillage vaut deux arrosages (Serge Eyhartz – entrepreneur) ; recueillir les conseils de professionnels locaux, arboriculteurs, maraîchers,… ; déchets aujourd’hui, richesse pour demain : les composts (Pettio Duhalde – Loreki, Bil ta Garbi, Lycée de Navarre – producteur de composte ; un jardin, des composts : comment les utiliser (Jean-Pierre Auffret) ; démonstration de désherbage thermique (Serge Eyhartz – entrepreneur) ; récupérer l’eau de pluie (Gamm Vert) ; les bons outils pour travailler la terre, organiser les semis ou désherber (Gamm Vert) ; être conseillé pour réussir un plan d’entretien des espaces communaux (Aude Ledanvic) ; Atelier Land’art (Association AIMA de Bardos). Enfin, la bibliothèque intercommunale (rue de l’Eglise, Saint Jean Pied de Port) présentait des livres sur le thème de la journée.

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