Week-end Bien-être

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16 au 18 juin 2017
Nathalie Marie, kinésithérapeute et professeur de yoga-pilates – groupe : Nathalie & Grégoire, Fabienne, Thomas, Cathy & Jean-Louis, Malika, Mirentxu et Alexandra

Aldudes

Week-end Bien-être – Yoga / Training / Pilates

Mais venons-en à notre week-end Bien-être. Dans sa panoplie de moyens de remise en forme, Nathalie a inclus une alimentation strictement végétarienne durant ces 48 heures. Elle a commandé à Blandine Wilcox, également professeur de yoga (Aloha yoga) sur la côte basque, des “lunch boxes” (boîtes de déjeuner) très inventives et parfaitement délicieuses que nous dégusterons dès le dîner du vendredi soir, ainsi que lors des pique-niques. L’un des convives, ancien rugbyman, en est vivement surpris, regrettant l’absence totale de charcuterie et de viande, mais il joue le jeu avec bonne humeur. Absence d’alcool aussi, mais Nathalie nous concocte des jus de fruits et légumes mélangés, colorés et savoureux. Le dernier matin, elle souhaite nous emmener en promenade à jeun dès 7 heures du matin (après qu’elle soit allée courir avec Thomas à 6 heures). Tout le monde accepte, et nous jouissons du paysage aux couleurs particulièrement vives et intenses. Au bout d’une demi-heure de marche, nous faisons halte face au soleil qui apparaît progressivement derrière la montagne et nous esquissons une salutation au soleil en inspirant profondément l’air encore un peu frais. Puis nous prenons tranquillement le chemin du retour. Pour plusieurs du groupe, cette expérience est une première. Ensuite, repas copieux à 9 heures, composé d’une belle omelette agrémentée de cerises noires et d’un brin de coriandre, de jus de fruits-légumes, d’assortiments de fruits préparés, frais et secs, et d’autres gourmandises. – Photos : Omelette garnie de cerises et de coriandre – Ci-dessous : Jus de légumes-fruits – Composition de tranches de fruits –

Cette “purge” très relative, détoxification d’un excès de protéines animales, sans baisse des quantités alimentaires ingérées ni sensation de faim, simplement par suppression des viandes et poissons, nous est fort bénéfique, non seulement pour notre bien-être physique, mais également mental. Elle nous montre qu’on peut fort bien fournir de bons efforts (marche, pilates), en l’absence presque totale de protéines animales, sans ressentir de fatigue ni de manque. Certes, deux jours, ce n’est pas beaucoup, mais ce pourrait être une invitation à poursuivre l’expérience sur un rythme hebdomadaire, de façon à laisser un peu notre organisme se reposer d’une alimentation trop riche par rapport à notre mode de vie sédentaire. – Photo ci-dessous : Bergeronnette grise –

Nous pourrions même aller plus loin. Une de mes soeurs, vivant à Paris, souffrait depuis des années et de manière croissante et très invalidante d’une forme d’arthrose. Après avoir accompli le parcours du combattant, consultant nombre de médecins, puis se rabattant vers des soins alternatifs, elle a fini par s’entendre conseiller d’accomplir une semaine de jeûne. Elle s’est documentée sur Internet, a consulté son agenda, et elle a réservé un séjour en Provence, assorti de randonnées, conférences et échanges entre les participants, l’alimentation se résumant à l’ingestion d’eau additionnée de jus de fruits et le soir de bouillon clair, tout cela dans une ambiance de détente et un cadre exceptionnel. Résultat spectaculaire ! Pendant les six mois qui ont suivi, elle a retrouvé sa forme perdue depuis des années, son tonus, sa gaieté, les douleurs lancinantes ont disparu. Elle a aussi pu reprendre son travail qu’elle avait dû interrompre, tant elle se sentait mal. L’année suivante, elle a renouvelé l’expérience, afin de se maintenir bien en forme. – Photo ci-dessous : Morelle douce amère (Solanum dulcamara), de la même famille que la pomme de terre –

Autre exemple, une amie souffrait depuis des années de migraines violentes et son corps s’était mis à enfler considérablement, sans relation avec les quantités ingérées puisque, au contraire, elle avait du mal à digérer les aliments. Elle aussi a dû passer par une kyrielle de médecins traditionnels et autres thérapeutes pendant un grand nombre d’années avant qu’on lui suggère qu’elle était peut-être allergique au gluten. Encore un résultat radical et spectaculaire : la suppression des céréales incriminées lui a fait perdre très rapidement une quinzaine de kilos et ses maux de tête ont disparu… (Les plus riches en gluten sont le seigle, l’avoine, le blé, l’orge, le triticale… auxquels il faut ajouter l’épeautre, le kamut et le maïs.) – Photo ci-dessous : Capillaire des murailles ? –

Dans l’industrie, le gluten de blé est obtenu par séparation centrifuge, puis il est lavé, essoré, séché et pulvérisé afin d’obtenir une poudre de gluten que l’on retrouve souvent dans les boulangeries industrielles en complémentation des farines faibles. Le gluten est responsable de l’élasticité de la pâte malaxée ainsi que de la masticabilité des produits à base de céréales cuits au four. Cette visco-élasticité est utile à la fabrication du pain : les bulles de CO2 dégagées lors de la dégradation anaérobie des sucres fermentescibles par les levures sont figées dans le réseau de gluten à la fois tenace et élastique (la pâte « lève »). On le retrouve donc dans les farines de céréales panifiables comme le blé, l’épeautre (69 % d’alpha gliadine), le seigle (30 % à 50 % de sécaline), mais également dans des céréales difficilement panifiables, comme l’orge (46 % à 52 % de hordéine), le maïs (55 % de zéine ou zénine), le riz (5 % d’orzénine).

Pour compenser l’absence de ces céréales, en complément des légumineuses, on peut concocter des plats au riz complet bio, au sarrasin, au millet, au quinoa, à la farine de châtaignes… Ces exemples me font réfléchir sur les pratiques de notre médecine et les diagnostics accolés à nos maux. Si nos maladies dites de civilisation sont surtout dues à un mode de vie trop sédentaire et une mauvaise alimentation, pourquoi ingérer tous ces médicaments et subir des traitements parfois très lourds ? – Photo ci-dessous : Renoncule ? avec une sauterelle Phaneroptera nana –

Troisième exemple : A l’issue de chacune de ses périodes de travail où, en tant que commercial, il doit manger tous les jours au restaurant (et il est très gourmand), un de mes fils accumule régulièrement un surpoids excessif. A l’inverse, lorsqu’il séjourne en Asie du Sud-Est, ses longues sessions de surf assorties d’une alimentation plus légère à cause de la chaleur (il a moins faim) et de la composition différente des repas (beaucoup moins de viande, beaucoup plus de fruits frais, le riz à la place du blé, beaucoup de légumes, pas de sucre ajouté, absence totale de produits laitiers) ont pour conséquence directe une perte de poids, une digestion bien meilleure et une forme olympique. – Photo ci-dessous : Campanule étalée –

Je me souviens de ma grand-mère. Pour vérifier la bonne marche de notre digestion, elle nous faisait tirer la langue. Si elle était fine et bien rose, tout allait bien, si elle était épaisse et blanche, elle la qualifiait de “chargée” et diagnostiquait un encombrement quelque part dans le ventre. Je ne me souviens pas l’avoir jamais entendue parler de médecin. Lorsqu’elle ne se sentait pas très bien, elle se prescrivait une petite diète et se préparait un bouillon clair pour le soir. Quand je pense que pendant des années j’ai préféré prendre du carbophos, que j’ai remplacé ensuite par du citrate de bétaïne. Le cachet faisait rapidement disparaître mes sensations désagréables et me permettait de manger sans tenir compte de ces signaux d’alerte ! Chaque jour, ma grand-mère faisait de la gymnastique pour maintenir toniques ses abdominaux. Elle insistait sur l’importance d’avoir un bon maintien et nous faisait marcher avec un dictionnaire sur la tête, pour qu’elle soit bien dans l’alignement de la colonne vertébrale. A l’époque, nous faisions ça comme un jeu, en pensant aux Africaines qui portent ainsi leurs paniers, mais à bien y repenser, c’était une excellente prévention contre le mal de dos. – Photos ci-dessous : Ruches – Danse d’une abeille sur le parvis d’une ruche ? – Retour au bercail avec la provision de pollen –

En fouillant sur Internet, j’ai trouvé quelques informations intéressantes à propos de l’orientation de l’abeille. Outre le fait qu’elle ne voit pas le rouge, de même que symétriquement nous ne percevons pas l’ultraviolet, j’ai appris l’importance, pour elle comme pour nous, des points de repère dans son environnement. Le problème s’est posé, comme toujours, avec l’avènement des grandes monocultures et de l’intensification de l’élevage : des dizaines de ruches toutes identiques, alignées régulièrement au milieu d’immenses champs de lavande. Eh bien, il paraît que les abeilles se perdent et ne retrouvent pas leur bercail ! Une équipe de recherche a préparé trois configurations différentes pour tester la “dérive“, c’est-à-dire la tendance, pour les abeilles de ces ruches innombrables, à se diriger de préférence vers les ruches situées vers les extrémités des alignements. Des essaims dans les ruches du centre peuvent ainsi mourir, parfois pillés par leurs congénères, d’autres n’arrivent pas à produire de réserves de miel et la surface d’alvéoles contenant le couvain est bien moindre. – Photos : Abeille – Sauterelle sur une feuille de ronce (avec reste de mue ?) –

Comment y remédier ? Tout simplement en ayant moins de ruches rassemblées en un même lieu (pas plus de 60, selon l’étude, et de préférence 30 à 40), les disposer devant un environnement diversifié (arbres, buissons, monticule rocheux, etc.), avec des orientations, des dispositions en hauteur et éventuellement des couleurs variées. Il faut également laisser dans le champ des éléments naturels ou des constructions qui permettent aux abeilles de mieux se repérer. La différence de production de miel entre les deux configurations extrêmes (grande monotonie et grande diversité de paysage et d’habitat) varie du simple au double ! A force de vouloir gagner toujours plus, on finit par y perdre… Il n’y a pas que le frelon asiatique, le varroa et les pesticides à incriminer, mais tout un état d’esprit dans les pratiques de l’agriculture et de l’élevage modernes : une dérive d’un autre ordre, où l’économie, l’appât du gain, prime l’humain et l’éthique. – Photos : Abeille butinant du trèfle avec ses sacs de pollen – Ci-dessous : Abeille –

En ce vendredi après-midi aux Aldudes, lorsque j’étais devant les ruches en train de guetter les abeilles dans une friche de ronces, graminées et diverses herbacées, j’ai observé un moment le manège d’un insecte velu que j’ai pris pour un tout petit bourdon. Il s’agissait en réalité du grand bombyle qui est une simple mouche. Ce diptère au gros corps velu, aux pattes grêles et à la trompe rigide démesurée est totalement inoffensif pour l’homme. Doté d’une vélocité peu encourageante pour le photographe, il est cependant capable d’effectuer un vol stationnaire toutes pattes déployées avec un bourdonnement aigu digne d’un gros moustique. Sa longue trompe lui permet de se délecter du nectar des fleurs en calice tubuleux. Il mesure de 14 à 18 mm, son envergure est d’environ 24 mm et sa trompe environ 7 mm. Il affectionne tout particulièrement le nectar des primevères et du glécome et on peut l’observer de mars à juin. La femelle bombarde judicieusement en plein vol sa cargaison d’oeufs poisseux à proximité d’un nid d’abeilles sauvages ou de guêpe solitaire. A l’éclosion, les larves du grand bombyle gagnent les loges de l’abeille pour y consommer pollen, miel, puis dévorent allègrement les petites larves en guise d’ultime dessert avant de se métamorphoser. La pupe (stade médian entre l’état larvaire et adulte) est pourvue de crochets qui découragent les prédateurs éventuels. – Photos : Grand bombyle – Ci-dessous : Mouche

Bourdon et Trèfle des prés

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